Un beau jour d’été, un joli nom est apparu entre des mains, celui de Syd Matters. À première vue, on pense à Syd Barrett ; et à Roger Waters des Pink Floyd, un mix d’artistes pour former tout simplement Syd Matters.
Un univers parfois mystérieux, qui révèle beaucoup de choses. Une atmosphère détendue, des instruments qui souvent, rappellent Peter Von Poehl. Déjà huit ans que ce quintet existe, et qui continue à séduire le monde folk, et du songwriting. De retour avec Brotherocean, laissez-vous emporter dans un album des plus riches en émotions.


Wolfmother 1, fin de l’été, ou plutôt presque. Bientôt septembre, une saison se termine, une autre va commencer, et cette introduction de Brotherocean nous laisse flotter sur la mer Méditerranée, un début au clavier, Jonathan Morali est définitivement le champion pour démontrer que cet album est celui de la maturité. Une brise passe derrière la nuque, et voici les chœurs à 1minutes56 de Wolfmother 1 qui apaisent. C’est doux, calme, on en demande encore.

Hi-Life au piano, Let Me Run Away Let Me Run Away ne cesse de répéter Jonathan. Il n’est pas question d’histoires, parce qu’au ressenti, on croirait de la poésie, quelqu’un qui récite ses vers. À l’écoute d’Hallacsillag, toi, lecteur, tu n’as qu’une seule envie : te laisser emporter par ces si belles mélodies que provoquent les guitares, la flûte. Certaines intonations rappellent Rufus Wainwright, mais à la française. Totalement pop, folk, on prend vraiment goût à passer en boucle Brotherocean, qualifié «d’une invitation à la rêverie ». Have you seen my brother ?
La guitare de Might Float laisse une pensée pour Elliott Smith, une très vite ressemblance à The Biggest Lie, et enfin, Hadrian’Wall clôt l’album avec ses percussions qui sonnent comme un générique de fin, une fin qui ne l’est pas réellement, laissons le suspense pour les auditeurs du groupe. Ce quatrième LP est à écouter en pleine nature, il est émouvant, avec une instrumentalisation des plus merveilleuses, à ressortir pour l’automne 2010 sans hésitation.




Certainement un des albums les plus électriques de l'été: No Problem des Jamaica.
Ces ex Poney Poney transformés en Jamaica nous envoient du lourd avec un premier LP. Confirmation, "Pas de problème" nous avons de quoi passer un(e) bel(le) (fin) (d')été.
Dès le début avec Cross The Fader branchez votre guitare, et riffez le plus longtemps possible, ça sent un peu l'Over The Top de Mr Flash, mais No Problem on ne va pas chipoter Jamaica c'est carrément l'idéal pour surfer la vague, accoster gente masculine et féminine. I Think I Like U 2 et Short and Entertaining découverts d'abord sur leur myspace, avec une sélection dans la compilation Kitsuné numéro 9. Quand on voit que le groupe est entouré de Xavier de Rosnay (Justice) on comprend mieux certaines choses. Un trou de mémoire avec Jericho ? Pas d'inquiétude, ce n'est que l'instrumentale de Sweet Jane des Velvet Underground. C'est quand même riche d'electro-rock, pas le temps de faire une pause, certainement pas, il faut continuer de danser, le disque n'est pas encore fini mes chers petits. Junior c'est dynamique, c'est du tonnerre de Zeus, When Do You Wanna Stop Working mais comment vouloir s'arrêter de travailler quand on passe en boucle l'album No Problem? That is the question.
French Touch or not? À vous de le décider.




L'année 2010 est, musicalement parlant, une réussite. Congratulations de MGMT, Contra Vampire Weekend, le retour des FOALS avec Total Life Forever, ou encore Beach House, Two Door Cinema Club, et bien d'autres que l'on guette de près derrière le rideau.
Souvenez-vous, il y a maintenant trois ans, la question se posait "tu connais ce groupe là, qui porte le nom du bruit d'un volant?" et alors à ce moment là on pensait que notre copain délirait ou était complètement ivre mais non, un nom à dormir debout, il aurait pu s'appeler "freins" "rétroviseurs" ou encore "moteur" mais non Klaxons c'est beaucoup plus classe en bouche, à la prononciation: Golden Skank, As Above So Below, It's Not Over Yet, la nu-rave du groupe nous éblouissant: un crash de météorite, qui surgit de nulle part, avec Myths Of The Near Future. Cette année ils sont de retour, avec un deuxième opus Surfin' The Void. Unknown Mag a donf surfé dans la vide, afin de découvrir ce qu'ils nous réservaient depuis un bon moment.


KLAXONS
SURFIN THE VOID


Alors voila, on est devant son disque, le coeur tremblant quelques (légers) frissons sur les bras, et hop on enclenche le CD dans la platine et le coeur palpite d'avantage. On jette un coup d'oeil à la pochette et là mince "un chat cosmonaute avec un casque presque à la Daft Punk, What The Fuck les gars?". À quoi s'attendre? Commençons par le commencement. À ce moment là, ça tonne dehors, les orages sont bien là, on pourrait croire qu'ils introduisent Echoes, mais non, le pur fruit du hasard, l'orage était juste de passage. Le choix du titre est plutôt étonnant, sachant que l'album est intitulé Surfing The Void, et que l'on pourrait s'imaginer dans l'espace dans le "vide", entre silence et infini, pourquoi entendre des Echoes? Le refrain est entrainant et provoque un séisme Echoes from the otherworld turn horizons into endless ever present et notons qu'à 2 minutes 33, cette basse et cette guitare qui nous secouent telle une tempête de sable. Un court instant de pase, avant de nous relancer dans le refrain, rebelotte Echoes from the otherworld turn horizons into endless ever present.
Et l'on a toujours cette impression d'être dans l'espace, une guerre des étoiles (The Same Space, Surfing The Void). Le début d'Extra Astronomical rappelle légèrement Isle Of Her.
"Nous étions un projet artistique qui a dérapé" c'est ce que déclarait le bassiste Jamie Reynolds en nous rassurant que "maintenant, nous sommes un groupe". Certes, un groupe, mais Surfing The Void n'est pas aussi dynamique et éblouissant que Myths Of the Near Future, il ne relève pas le niveau. Mais si Klaxons justifie que cet album, est plus travaillé, leur permettant de montrer enfin ce qu'est le véritable son Klaxons, que grand bien leur fasse alors.



Sortez les lunettes de soleil, la serviette de plage, les tatanes, et la crème solaire, oui oui l'été est bien là, il fait plus de 26° dans certaines villes, on commence déjà à suffoquer, mais on ne va pas se plaindre, ces derniers jours n'ont pas été au top niveau météo. L'été, c'est bien, mais avec de la musique, c'est encore mieux, alors nous avons fait une petite sélection de bloggeurs, et nous leur avons demandé, un choix de cinq chansons pour passer un été parfait.



PLAYLIST #1



DONT TRUST THE HYPE nous propose :

#1 N*E*R*D - Hot'N'Fun (feat. Nelly Furtado)

Impossible de résister à cette ligne de basse funky à souhait, nos hanches se retrouvent embarquées à leur insu. Hot'N'Fun a la trempe d'un tube de l'été, c'est indéniable. Mais pourquoi Pharrell Williams nous inflige-t-il le report de trois mois de la sortie du nouvel album de N*E*R*D (décalé à la mi-septembre) ? Cela a un nom : torture.


#2 WILD NOTHING - Live In Dreams

Wild Nothing, c'est sans nul doute LA révélation pop indie de l'été 2010. Et on comprend pourquoi quand on écoute l'album Gemini, bande son idéale à la fois fraîche et rêveuse d'un été parfait.


#3 MAXIMUM BALLOON - Tiger (feat. Aku)

Bon, certes, David Andrew Sitek (guitariste et producteur de TV On The Radio) aurait pu trouver un nom un peu plus attractif que Maximum Balloon pour son projet solo. Mais faisons abstraction de la forme pour nous intéresser au fond et nous mettre, nous aussi, à danser en culotte devant notre miroir au son de cette petite bombe qu'est Tiger.


#4 BEIRUT - Nantes

Cette chanson n'est, certes, pas sortie récemment (elle est parue sur l'excellent album The Flying Club Cup en 2007), mais la venue de Zach Condon et le reste de la troupe Beirut à Rock En Seine est l'un des événements de l'été. Donc, en attendant un nouvel album de la part du groupe, on repasse les bons vieux morceaux, intemporels soi dit en passant.


#5 BRODINSKI & NOOB - Peanuts Club

Un peu d'électro histoire de varier les plaisirs et de chauffer les dancefloors, et pour cela, on peut compter sur l'ami Brodinski appuyé ici de son compère, Noob. Vu et approuvé en live qui plus est.


PLAYLIST #2


JESSYKA (TakeADragOrTwo) nous propose:


#1 Summer cum – Avi Buffalo

C'est parfait pour se réveiller le matin, tout en douceur


#2 Mystery Jets - Flash a Hungry Smile

La pop song de mi-journée, rare réussite de cet album


#3 Tokyo Police Club - Breakneck Speed

Un souffle frais à se passer en boucle au bord de la piscine


#4 Colide – Misty Socks

Une des nouvelles chansons du groupe qui vous fera danser en soirée


#5 5 am – Something A La Mode

Pour terminer la soirée, la chanson des afters interminables !




PLAYLIST #3



CHV nous propose:



Le principe du SGINNED est simple. prendre un clip existant, de préférence un truc un peu bidon puis réécrire une chanson dont les paroles coïncident avec le mouvement des lèvres de la chanson originale. du sginned, c'est ce qu'on fait Caroline Polachek de Chairlift et Jorge Elbrecht de Violens sur la fameuse chanson 'never let you go' de Justin Bieber. On se retrouve dans un monde surnaturel, une création originale d'un style disco lento qui te serre le coeur et éclate tous les repères quant au rapport son / images. cette chanson est définitivement un bijou.


#2 Beach Fossils - daydream

Je n'ai jamais été bonne pour parler de musique. mettre des étiquettes sur chaque groupe, c'est pas mon truc, je déteste ça. je ne sais pas comment on pourrait qualifier Beach Fossils. noise pop? lo-fi? indie? surf? appelez ça comme vous voudrez. une seule chose est sûre, les Beach Fossils sont excellents. leur musique me donne envie de courir dans l'herbe, de danser les yeux fermés en laissant les rayons du soleil me traverser les visage et faire rosir mes joues.


#3 Ô Superman - the world is

Ô Superman c'est l'union de Sim#6 et Charly Lazer, deux figures emblématiques de la scène électro/pop Lilloise. en un seul EP, ils sont réussi à conquérir notre Nord Pas de Calais d'amour avec cette sensibilité nouvelle qui se dégage de leurs morceaux, loin du bourrinage de Sexual Earthquake In Kobe dont fait partie Charly. aujourd'hui il ne reste plus qu'à crier au monde entier qu'ils sont géniaux, qu'on les aime, qu'on en veut toujours plus. Ô Superman, c'est juste un son parfait pour des nuits blanches entre amis.


#4 The Young Friends - make out point

Contrairement à ce que beaucoup de monde a pu penser ces derniers mois, la (bonne) pop ne se résume pas qu'en deux mots: The Drums. on en a avalé sans arrêt, "le meilleur groupe du monde" qu'ils disaient. oui, peut être, mais à force de nous rabâcher sans arrêt que Jonathan Pierce &co sont la pointe du triangle (le summum de la hype, quoi), on en a oublié tout le monde auquel ils appartiennent, et les groupes un peu moins connus qui évoluent dans le même milieu. Les Young Friends, c'est autant de génie et tellement peu de reconnaissance. après seulement 3 lignes à leur sujet dans le Radar NME, ils sont clairement devenus un de mes incontournables de l'année. une pop aux accents rétro, des influences surf des 50's hyper présentes. Ces petits ados d'Arizona ont tout pour nous faire remuer les Vans Authentic Lo Pro sur les dancefloors de l'été.



Death in Plains, c'est le projet solo d'Enrico, chanteur et guitariste du groupe DAMIEN* mais c'est surtout mon chouchou du moment. C'est frais, ça respire la joie et la tranquillité. Personnellement, Enrico me vend du rêve avec un cerveau en or et une créativité presque magique. Parce que oui, Enrico ce n'est pas que la musique mais aussi tout l'artwork, les vidéos et photos relatives à Death In Plains. J'attends déjà avec impatience de le voir le premier weekend de septembre aux côtés de toutes les pointures de la musique indé européenne sur une scène de l'Offset Festival à Londres.



PLAYLIST #4


Felix nous propose :


#1 Moby - Why does my heart feel so bad

Ete 2010, c'était il y a quelques jours, on est à St Florent et on décide sur un coup de tête d'aller à Erbalunga. C'est loin, la route est longue mais on ne se démonte pas, direction le cap corse fenêtres ouvertes pour profiter de la fraîcheur estivale.J'avoue qu'on était un peu bourré. On décide de brancher le ipod de la conductrice qui baigne dans le vieux rock 60's et le hip-hop old-school, un espèce de recueil de l'éclectisme à la bien, et la neurasthénie de Moby nous accompagne rapidement sous la voûte étoilée.


#2 Memoryhouse -To the lighthouse (MillionYoung remix)

Toujours en Corse, cette fois sur la plage de Palombaggia, à côté de Porto-Vecchio. La jeunesse branchée dore au soleil à côté des touristes en sandales, et j'observe ce sectarisme d'un oeil intérieur, assis nonchalamment sur une table du bar, une pietra fraîche à la main. Près de moi un mec en abercrombie/espadrille/rayban sifflotte le riff de To the lighthouse, celui qui vous retourne les tripes à 2'13.


#3 HEALTH - Before tigers (CFCF remix)

Prenez-moi pour un romantique mais il y a un pattern qui titille en moi la fameuse corde sensible dont tout le monde parle : la fraîcheur de la nuit, un ciel étoilé, un morceau tout en délicatesse et légèreté. C'est comme ça que j'ai été hooked on Moby, pareil pour ce remix de HEALTH. On était sur une place déserte, elle et moi, tard, la fontaine ne marchait pas à cause de l'économie d'eau et c'était bien, on entendait mieux le ipod qu'on se partageait, allongés sur le même banc.


#4 Mary J. Blige - Work that

Parce que le head-banging peut se faire aussi bien sur du Nine Inch Nails que sur du Chopin, j'entraine mes capacités sur n'importe quelle mélodie un tant soit peu entraînante. C'est le cas des r'n'b song surproduites à la rythmiques démentielles, Nelly Furtado et Blu Cantrell en premier lieu. Mais là on parlera d'une vielle de la vieille, de la meuf qui nous a entraînés dans sa dancerie à coups de boom-boom shorts. Mary J Blige ou le pilier de ma disco blackos.


#5 The Strokes - I'll try anyhting once

Cette playlist est complètement incohérente but i don't care, je balance des sons qui me plaisent sans vraiment me soucier de l'ensemble discordant qui en résultera. I ain't no dj. Voilà donc une démo des new-yorkais, parvenue à mes oreilles thanks to Coppola. Ce morceau a comme un goût de générique de fin, quand le rideau tombe et qu'on repense aux bons moments, accompagnés par des claviers éthérés. Le mp3 qu'on a foutu dans la voiture en rentrant sur le continent.



PLAYLIST #5


CLANDESTINES nous propose

> Rebecca :


#1 Beach House - Walk in the Park

Je l’ai découverte à un de leur concert, impossible d’imaginer un été sans Beach House


#2 The National - Conversation 16

Je suis folle de Conversation 16 de la première à la dernière note tout s'enchaîne avec une telle simplicité…


#3 Air France - Gothenburg Belong to Me

Je regrette qu' Air France ne sorte pas plus souvent de nouveaux titres, c'est peut être le chanson la plus joyeuse du lot, un peu vieille mais toujours efficace


#4 The Radio Department - Pulling our Weight

Je me suis replongée dans la trilogie Coppola il y a peu et je trouve que les choix de la BO sont parfois assez surprenant elle a cette capacité de rendre ses film intemporels dans le sens où un film comme Virgin Suicide n’a pas mal vieilli ou que les anachronisme de Marie Antoinette sont amusant.


#5 Thieves Like Us - Forget Me Not

Je dois avoir une montagne de remix de cette chanson mais je m'accroche toujours autant à l 'originale, c'est une peu symbolique, le dernière chanson, la fin de l'été... je pense que ça se passe d'explication



> Alison


#1 Winter Dies - Midlake

J'ai toujours adoré Midlake donc il n'y a pas beaucoup d'objectivité là dedans. je crois que leur un album est un de mes albums de l'année et puis le titre est d'une grâce impressionnante et correspond à l'esprit de la playlist finalement.


#2 Yuck - Automatic

J'ai connu recement Yuck et j'ai vraiment accroché à l'épure de Automatic. C'est propre et direct: j'aime beaucoup.



#3 Stanley Brinks - Good Old Me
Elle met un peu à l'ouest cette chanson mais je la trouve positive même si elle n'y paraît pas et puis l'intro est magnifique; fine et délicate.


#4 Fool's Gold - Surprise Hotel

Je crois que c'est impossible de ne pas aimer cette chanson. Elle a le don de mettre de bonne humeur et sa longueur fait une bonne partie de sa force parce qu'on pourrait l'écouter toute la journée sans en avoir marre.


#5 Liars - No Barrier Fun

Je voulais mettre une chanson de Liars parce que leur album est génial et j'ai choisi No Barrier Fun parce que c'est celle que j'ai le plus écouté de l'album selon iTunes.


Les webzines/fanzines/blogs, ce n'est pas ce qu'il manque sur la planète blogosphère de nos jours. Souvenez vous, l'interview de TEAzine, nous rappelle à quel point on peut jouer sur les mots, et en faire un fanzine amusant, Psychedelic Electric, les délirants de La Frange, les Clandestines, ou encore Silent Hype, qui n'était pas quelqu'un de hype.



Aujourd'hui place à un webzine qui fêtera ses deux ans en Octobre, Stage Invasion, riche en chroniques, en livereport, et quand on regarde les archives des interviews (Peter Bjorn and John, Deerhunter, Jim Jones Revue, et d'autres) on se dit que ça oblige le respect. Entretien avec Marion & Guillaume, membres de Stage Invasion.



UNKNOWN MAG: Présentez votre webzine, et ses membres!

Marion : On a eu l'idée de créer un webzine il y a deux ans. C'était l'été, on s'apprêtait à entrer à la fac, on était à une fête, on était quelque peu enivré et je ne me rappelle pas de tous les détails, mais en gros, deux mois plus tard on faisait notre première interview et on lançait la machine. Il n'y avait pas tant de webzines que ça, "à l'époque". Maintenant, on réalise que c'est un truc qui s'est pas mal développé.

Guillaume : On avait déjà fait un projet pour les TransMusicales en 2007, et ça nous avait bien plu, donc on s'est dit que ouais, ça serait cool de pouvoir continuer ce genre de trucs. Ce n’était pas forcément facile au début, non parce qu'il faut le dire, Marion a vraiment un caractère de merde, et là dessus je me défends pas mal aussi.



UNKNOWN MAG: Quelles sont vos influences musicales ?

Marion : En ce qui me concerne, tout ce qui tourne autour du rock, au sens large. S'il faut donner des noms alors ce sera Bob Dylan, le Velvet Underground, Oasis et les Libertines. Depuis peu je commence à apprécier le hip hop et certains genres de musique électronique, comme la minimale. Par contre j'ai vraiment peu d'attrait pour des styles comme la techno ou le jazz entièrement instrumental. Pour moi, les voix et les paroles sont aussi importantes que la musique en elle-même. C'est indissociable.

Guillaume : Je ne pourrais pas te donner des noms comme ça, je fonctionne plus par vague. Je peux très bien n'écouter que de l'électro pendant un moment. Cet hiver par exemple, j'ai beaucoup écouté de 8bit. Et là, depuis quelques semaines, je suis revenu à du bon vieux rock bien gras à la BRMC, et à des trucs plus cold comme les Horrors, pour ne citer qu'eux.
Enfin, je te donne quand même un nom, DAVIIID BOWIIIIE, période Ziggy Stardust quasi-exclusivement. C'est d'ailleurs Marion qui m'avait prêté les vinyles, que j'ai toujours je crois... Désolé.


UNKNOWN MAG: Pourquoi Stage Invasion ?


Marion :
Je crois que le nom était une idée de Guillaume au départ, mais on n'était pas extrêmement emballés. Ca commençait à devenir urgent de se mettre d'accord parce qu'on avait notre première interview programmée (Black Lips). Pendant l'interview, on leur a d'ailleurs demandé de nous filer un coup de main pour un nom mais sans grand résultat. Au moment du concert, il se trouve qu'on a quelque peu orchestré une invasion de scène, qui a plus que bien fonctionné (il y avait plus de gens sur scène que dans le reste de la salle), donc on a opté pour Stage Invasion. Au final on en est content, mais parfois les gens sur les festivals le prononcent à la française, ce qui donne un nom ridicule et complètement dénué de sens ! On aurait peut-être dû choisir Scene Invasion, à la réflexion !

Guillaume : Ouais, les Black Lips nous avaient proposé des trucs du genre "McCain as president", pas génial. Il me semble quand même que Stage Invasion est venu après le concert, justement en rapport avec ce qui s'était passé. C'est quand même un exploit qu'on ait réussi à se mettre d'accord aussi facilement. Sérieusement, je vais être lourd, mais faut se la coltiner la Marion.



UNKNOWN MAG: Comment s'organise votre webzine ?

Marion : Je m'occupe de tout ce qui est prise de contacts (avec les managers des groupes pour les interviews, ou l'organisation des festivals pour les accréditations). La plupart de nos interviews, on les réalise à deux, sauf quand elles ont lieu sur des festivals auxquels Guillaume ne vient pas, ou que l'interview n'emballe pas spécialement l'un d'entre nous. Mais c'est quand même moins stressant et plus agréable quand on est deux. Pour le reste, jusqu'ici j'ai écrit toutes les chroniques de disque et tous les live reports de festivals/concerts… Guillaume, bouge-toi !

Guillaume : On va dire que je suis plus un homme de terrain. C'est moi qui gère tout ce qui est import/export, notamment dans tout ce qui est liquide. Mais plus sérieusement, dernièrement on a fait plus d'interviews chacun de notre côté, et au final je trouve ça plutôt cool parce qu'on n’a pas forcément les mêmes goûts, même si dans l'ensemble ça reste assez proche. Pour résumé, Marion incarne un peu la sagesse du webzine, même s'il est parfois arrivé qu'elle soit bien pire que moi. Par peur des représailles, je ne m'étendrai pas plus là dessus.



UNKNOWN MAG Votre projet "Trans'Invasion" en 2008 est une réussite, pourquoi ne pas avoir fait une Trans'Invasion 2009 ?

Marion : A vrai dire on en avait aussi fait un en 2007. Je me souviens qu'on s'était rencontrés peu de temps avant avec Guillaume, et qu'à partir de ça on est devenu amis très vite. Ouais donc pour 2009 on s'est un peu craqué sur le timing, mais on va essayer de faire ça bien pour 2010. Et puis c'est cool d'être sur un format vidéo, en plus de changer, ça rend vraiment bien compte de l'ambiance des interviews, de la spontanéité des artistes, etc. En fait, si on avait du bon matos, et du temps pour faire les montages, on pourrait probablement faire nos interviews en vidéo…

Guillaume : Disons qu'on voulait passer en média "pro", pour être un peu plus libre. Mais comme l'accred' était à 100 euros et qu'on est complètement fauché, on s'est retrouvé sans rien. On ne fera pas la même erreur cette année, mais il nous faudrait quand même du bon matos.

(pour des raisons personnelles, le fournisseur de cette photo voulait simplement, se venger. Unknown Mag n'y est absolument pour rien)

UNKNOWN MAG: Est-ce que le courant passe bien, lors de vos interviews ?

Marion : A l'origine, on amenait toujours une bouteille de vin rouge au groupe qu'on allait interviewer. Ca permettait de détendre l'atmosphère, de boire, et surtout de se mettre le groupe dans la poche dès le départ ! Plusieurs fois, le courant passait tellement bien que les groupes nous ont invités à revenir après le concert pour boire un coup (enfin, plus d'un, généralement !). Bon, dernièrement, la tradition se perd quelque peu parce que certaines interviews ont lieu en festival, et se balader avec une bouteille c'est le plan galère. Et puis au bout d'un moment, j'en ai eu marre de me faire piquer mes tire-bouchon (trois sont morts au combat).

Guillaume : Je crois qu'on m'a aussi piqué deux tires bouchons. Par contre c'est vrai qu'on reste assez chanceux, on n'est jamais tombé sur des mecs qui n'en avaient rien à foutre. Mais dans ce cas, et ça arrivera sûrement un jour, je pense qu'on essaiera de rendre ça encore plus naze, histoire d'avoir au moins un bon gros n'importe quoi qui pourrait s'avérer marrant par la suite.



UNKNOWN MAG: Vos pires et meilleures interviews?

Marion : Je ne sais pas si on peut parler de "pire interview". Tout s'est vraiment toujours bien passé, on ne s’est jamais pris la tête avec un artiste, et aucun d'entre eux n'a jamais fait sa diva. En tant que fille, j'apprécie aussi énormément le fait qu'on ne m'ait jamais vu comme une groupie.
Ca va être difficile de trancher pour la meilleure interview. Avec les Black Lips c'était génial, sachant que c'était notre première interview on ne savait pas du tout ce qui allait se passer ; au final je crois qu'e ça a duré trois quarts d'heure. Le coup des Naive New Beaters sous un semi-remorque aux TransMusicales, c'était pas mal aussi. La rencontre avec Jay Reatard a été totalement désopilante ; on s'attendait à trouver un type complètement déjanté et en fait pas du tout, il avait complètement arrêté l'alcool et la drogue, et s'est révélé être quelqu'un d'extrêmement posé, intelligent, observateur et plein de sagesse. On a été assez touché d'apprendre sa mort en début d'année.

Guillaume : J'ai pensé à Jay Reatard aussi, c'est vrai que ça a été un moment assez déroutant, et lorsque l'on a appris qu'il était mort, comme l'a dit Marion, on était touché.
Plus léger, je me suis un peu ridiculisé devant Friendly Fires. Pour info, ils tirent leur nom d'un morceau de Section 25, et durant l'interview, je leur ai chantonné les paroles, pour voir s'ils réagissaient. Petit moment de solitude, ils n'ont absolument pas reconnu la chanson, et j'avais vraiment l'air d'un débile. Sinon en vrac, l'interview de Islands sur des fûts de bière dans la réserve de l'Ubu (un club de Rennes), la vraiment très bonne interview et soirée passé avec Ben et Béné, ou encore la manageur de Sexy Sushi un peu saoule (à cause de notre bouteille de vin, en plus) qui m'aurait traité de tout les noms d'oiseaux après le concert. Enfin, c'est ce qu'on m'a raconté.



UNKNOWN MAG: Coup de coeur musical de 2010 ?

Marion : Sans aucune hésitation, Beach House. Je ne les ai découverts que cette année avec Teen Dream, mais ça a été une vraie révélation. J'ai passé des heures sur cet album et je ne m'en lasse toujours pas, il est juste grandiose. Ils seront au programme de la tournée des Inrocks en novembre, donc actuellement je prie pour qu'ils passent à Nantes ! J'adorerais qu'on les interviewe et je meurs d'envie de les voir en concert.

Guillaume : HEALTH, même si l'album est sorti l'année dernière, je m'en veux vraiment de les avoir raté, deux fois qui plus est. Comme la question porte sur cette année, je dirai The Drums, très sobre et très efficace, j'ai dévoré les trois EP et l'album. Pour finir, j'ai deux noms qui me viennent en tête, Washed Out et Tennis, Baltimore EP est vraiment magique.



UNKNOWN MAG: Une chanson de la décennie et de l'été ?

Marion : Chanson de la décennie ? Alors là, joker ! C'est le genre de questions auxquelles je ne peux pas répondre, parce que j'ai énormément de mal à trancher lorsqu'il s'agit de quelque chose que j'aime tant, en l'occurrence la musique. Si je sortais une réponse maintenant, je changerais d'avis dans deux jours, puis quatre, puis une semaine, etc.
La chanson de l'été, ça reste jouable. Je vais dire Hot'n'Fun de N*E*R*D. Je crois que beaucoup de gens ont été déçus par ce premier extrait du futur album, mais à l'écoute de cette ligne de basse, j'ai soudain beaucoup de mal à contrôler mon corps, ce qui est généralement un gage de qualité !

Guillaume : Pour la décennie, tu choisis une version un peu moins chiante de la réponse de Marion et tu auras la mienne. Mais pour l'été, je vais rester sur les coups de coeur, je dirai n'importe quel titre de The Drums, une petite préférence pour Saddest Summer quand même, et sinon South Carolina de Tennis.


UNKNOWN MAG: Un petit message à faire passer ?

Marion : C'est la première fois qu'on inverse les rôles, d'habitude c'est nous qui posons les questions.
Je pense que c'est bien de préciser qu'on réalise toutes nos interviews en rencontrant les groupes. Je déteste l'idée des interviews d'artistes via internet, ça n'a aucun intérêt. Les questions sont contrôlées par les labels, éventuellement censurées, et ça ne permet aucune spontanéité de la part des groupes. Tu ne vois pas les réactions des gens, leurs sentiments, etc. Au final tu obtiens un truc complètement déshumanisé donc l'unique but est la promo. On ne mange pas de ce pain là !

Guillaume : On fait ça avant tout pour s'amuser. Ce qui m'intéresse le plus, c'est vraiment d'échanger avec le ou les artistes, que ce soit une conversation très sérieuse ou juste un bon moment. Et le but est que la personne, lorsqu'elle lit notre interview, puisse ressentir la même chose, du moins en partie. Tant que les choses resteront comme ça, on continuera à le faire et à s'amuser. Et si en plus, on a de la picole gratos, on a vraiment aucune raison de s'arrêter.


Beaucoup de groupes français (Tremore, Stuck In The Sound) ont souvent cette opportunité d'être influencés par des artistes Outre Manche. On connaît aussi, souvent, le cas des groupes "couples": John&Jehn ou encore The Kills.



Au fin fond du Nord de la France se cache VICTORIE&HYDE, deux jeunes Lillois, allure rock'n'roll des années soixante au look perfecto, slim.
Un croisement entre Jesus & Mary Chain, Joy Division, avec un arrière goût de The Horrors. Il suffit de voir les titres en écoute sur leur myspace (Only Shadows, Devil Said I'm Insane, Laura Palmer's Death) pour comprendre un univers assez sombre, aux guitares shoegazes, et leurs influences, justement, nous rappelle le monde de Suicide, The Cramps, ou bien The Smiths.