Si le nom des Allah Las ne vous dit pas grand chose peut-être que celui de Nick Waterhouse vous semblera plus familier. Originaire de Californie, Nick Waterhouse est connu pour son style qui s’inspire du rhythm&blues du jazz et de la soul (un album sorti cette année, Time's All Gone ) mais aussi pour son rôle de producteur notamment avec les Allah Las .

 Avant de former un quatuor, le groupe s’est rencontré dans l’un des plus grands disquaires de Los Angeles où ils ont travaillé, le LA’s Amoeba Music. Ce qui les unis ? Un amour commun pour les disques. La naissance des Allah Las viendra ensuite dans une vieille cave californienne selon les dires, ils commenceront à se produire sur scène dans la Ville des Anges vers la fin de 2008. Quant à Nick Waterhouse cité plus haut, remercions ses doigts magiques pour la production de ce disque captivant et revigorant. Les nostalgiques de la musique psychédélique -13th Floors Elevators, The Seeds pour ne citer qu’eux- trouveront leur bonheur dans ce douze pistes, les californiens rallument la flamme du rock des années soixante comme l’on peut en trouver sur les compilations Nuggets. Leur premier single « Tell Me (What’s On Your Mind) » est une carte postale tel un California Dreaming : des couchers de soleil sur les plages, un trip sous LSD et du bon rock pour conquérir l’Ouest.


L’Americana, bien présent sur ce disque avec “Sandy” et “Busman’s Holidays” hypnotise à coup de réverbérations relaxantes, comme si les Allah Las s’étaient imprégnés d’une musique autrefois novatrice pour en faire une musique moderne. Une conjugaison pas si simple à harmoniser quand on n’a pas eu cette chance de connaître une époque où le rock’n’roll était glorieux. Hanni El Khatib a bien su nous le prouver l’année dernière avec Will The Guns Come Out, on peut faire confiance au rock de demain, il y a encore à écrire et à découvrir. Sa reprise des Cramps,  «Human Fly » en est la preuve: elle n’est certes pas à la hauteur de la voix endiablée de Lux Interior mais les riffs sont surprenants et lancinants.

Pari réussi pour un premier album transcendant qui nous ramène cinquante ans en arrière, quand les Byrds et les Electric Prunes enfiévraient un monde plongé dans l’exploration de nouveaux genres et de nouvelles expériences.

http://allah-las.com/






Chan Marshall, alias Cat Power, prend un virage à 360 degrés avec son nouvel album Sun. Depuis son EP de reprises, Dark End Of The Street, la belle Chan n’avait pas donné signe de vie depuis presque quatre ans. Que se passait-il ? Juste un besoin de prendre son temps et de (se) réaliser au maximum.

Si Monsieur Philippe Zdar (du groupe Cassius ndr) est au mixage, elle reste toujours autant maîtresse de ses textes. Adieu la période Jukebox avec les fabuleux « Metal Heart » et « Ramblin (Wo)man » qui frissonnaient en nous, Sun laisse place à un nouveau genre, à un « espoir » nous dit-elle. Plus vraiment de la folk légère mais de l’indie-rock qui s’affirme avec des titres comme « Ruin » et « Cherokee » où les paroles sont très facilement obsédantes et envoûtantes : « I never knew love like this, the wind the moon the Earth and the sky, I never knew pain like this when everything dies » (« Cherokee ») ; « What are we doin ? We’re sittin on a ruin » (“Ruin”) ou encore le titre “3,6,9” « 3,6,9 you drink wine, monkey on your back you feel just fine ».

On garde un avis partagé sur Sun : on peut être totalement séduit par cette idée de nouveau (« Manhattan ») comme être déçu et ne pas accrocher (« Real Life » et son synthé, qui a pas mal de difficultés à nous convaincre ; « Peace And Love »). Mais pourquoi vouloir blâmer une artiste aussi brillante que Chan Marshall ?

 



Si vous aimez Tame Impala, vous allez très certainement aimer Opossom.
Ancien membre de The Mint Chicks, Kody Nielson décide de miser sur ce nouveau projet pas mal psychédélique ( "Watchful Eye" "Cola Elixir") et pop ("Girl" ; "Blue Meanies") qui semble démarrer fort.
Ils ont sorti un premier album en Août dernier, Electric Hawaii que l'on peut écouter juste ici.

Un aperçu en images avec leur nouveau clip "Girl":




Lescop en intrigue plus d'un sur la Toile et ne cesse d'exciter notre curiosité depuis la sortie du titre "La Forêt". Pourquoi ? Ce n'est plus un secret pour nous, on pense directement à Etienne Daho ("Tombé Pour la France") ou encore Taxi Girl, on replonge dans les années 80, on se laisse porter par la pop française de son EP La Forêt.
Sur scène Mathieu Lescop danse comme Ian Curtis, il éblouit par ses faits & gestes maîtrisés et non pas calculés, tout vient naturellement comme si sa musique était en totale adéquation avec son corps. Son clip "Tokyo, La Nuit" envoûte par les images & les mélodies.
Lescop est un magicien, il y a de l'avenir derrière ce génie qui n'hésite pas à utiliser la langue française (qui se veut parfois délicate d'utilisation) dans ses textes. On attend avec impatience la sortie de son album prévue pour Octobre 2012.



Difficile de trouver les quelques perles rares musicales en ces temps où l’industrie du disque ne se porte pas au plus haut de sa forme. Là où la routine commence peu à peu à s’installer, les Alt-J nous prouvent tout le contraire avec leur premier album An Awesome Wave.

Surpris et stupéfait, lors de l’écoute du disque où se mêlent différentes influences dans différents domaines (le cinéma, la photographie, l’art), Alt-J sait toucher l’épine sensible de l’être humain avec des titres comme « Breezeblocks » « Matilda » ou encore « Dissolve Me », tant par les mots que par les mélodies qui nous laissent dans un « état second », dans une « gueule de bois » de contemplation, comme le dit si bien Joe dans une interview récemment faite.

Si certains groupes rabâchent toujours la même chose sur l’amour et la vie, An Awesome Wave montre que l’on peut parler d’un chapitre tout comme d’un personnage de cinéma qui nous émeut (« Fitzpleasure » pour Last Exit To Brooklyn de Hubert Selby Jr, « Matilda » pour le rôle de Nathalie Portman dans Léon de Luc Besson). Qui aurait penser un jour écrire sur le chapitre d’un livre ou d’un photographe de guerre ? Nul besoin de trouver inspirations seulement dans les sentiments, Alt-J creuse beaucoup plus loin qu’un simple mal-être existentiel.

L’univers du groupe séduit particulièrement par son originalité à nous offrir des compositions de qualité où l’on se laisse guider vers un autre monde. Alt-J un groupe venu d’ailleurs ?


Dimanche 18 Juin dernier nous n'avons pas pu résister de courir voir les Brian Jonestown Massacre au Rockstore de Montpellier avec en première partie les RocKandys, c'était l'occasion pour nous de les rencontrer et de leur poser quelques questions...




Unknown Magazine : Qu’est ce qui se cache derrière le nom The RocKandys ?

Thibault
: C’est toujours assez compliqué de trouver un nom de groupe en fait. Quand on a commencé en 2007, il n’y avait pas de batteur ni de bassiste, nous n’étions que trois.
C’est venu un peu comme ça, rockandys c’est le sucre d’orge, il y a un côté sensuel, un côté coquin que l’on pourrait avoir dans la musique. Il y a aussi le côté Andy Warhol pour le pop-art.
Rikke : Notre musique est très mélodieuse, il y a beaucoup de couleurs, ça faisait une bonne allusion au côté sucré et au pop-art, mais en même temps au rock psychédélique.


Unknown Magazine : Parlez-nous de votre rencontre.

Rikke : Au départ j’ai rencontré Thibault, c’était dans un bar, on est tombés amoureux (rires) puis nous avons commencé à jouer de la musique ensemble. Je fais de la musique depuis que je suis toute petite ! Ensuite nous avons composé tous les deux et le groupe s’est au fur et à mesure agrandi, c’était vraiment pour l’amour de la musique.
Thibault : On avait la volonté de faire de la musique psychédélique. Ça s’est fait petit à petit ! Après tu as cette envie de continuer sans t’arrêter !


Unknown Magazine : On dit souvent que vos influences sont les Velvet Underground et les Brian Jonestown Massacre, est-ce-qu’il y en a d’autres ?

Rikke : Bien sûr ! On s’inspire énormément de musiques différentes. Dans la minimale, la musique électronique, la musique classique, un peu de tout. Il faut écouter toute sorte de musique parce que sinon tu n’avances pas.
Thibault : Rikke vient de Berlin, c’est pour ça qu’elle aime bien le côté électronique !



Unknown Magazine : Il paraît que votre musique est très proche du groupe qui joue ce soir, est-ce voulu ou pas du tout ?

Thibault : C’est une grosse influence. On les a vu en concert à Grenoble, puis nous avons écouté les disques et vu le film Dig ! en 2004, on écoutait les Brian Jonestown Massacre tout le temps ! Et tu écoutes aussi tous les groupes autour : les Warlocks, les Dandy Warhols et les Black Angels avec qui nous avons fait les premières parties. C’est sûr que ça influence énormément, peut-être même inconsciemment.


Unknown Magazine : Vous avez donc fait les premières parties des Warlocks, des Brian Jonestown Massacre et des Black Angels : est-ce-que vous réalisez cette chance de pouvoir tourner avec eux?

Thibault : La première chance a commencé lorsque nous avons fait les premières parties des Brian Jonestown Massacre en 2010, on faisait des petits concerts à droite à gauche et du jour au lendemain on nous a proposé sept dates pour tourner avec le groupe. Nous avons joué dans des supers salles. Ils choisissent les premières parties, ils ont donné la chance à un petit groupe français de pouvoir jouer avec eux. Ils ne sont pas forcément connus, mais les plus reconnus.
Les Black Angels nous ont proposé de jouer sur la moitié de leur tournée en Europe. Nous avons fait l’Angleterre, l’Allemagne, la Hollande, c’était vraiment cool. Pareil pour les Warlocks, ça s’enchaine, c’est du relationnel et de l’amitié. Tu partages même de la musique avec les groupes, comme tu partagerais de la musique avec ton pote !



Unknown Magazine : Vos derniers coups de cœur musicaux que vous nous conseillerez d’écouter ?

Rikke : Il y en a tellement !
Thibault : Le dernier CD que j’ai bien aimé, le groupe The Blue Angel Lounge, je les écoute pas mal. C’est Anton Newcombe qui nous en a parlé.
Rikke : J’ai découvert VCMG, ce sont deux DJs qui ont sorti un super album.
Thibault : On a écouté ça en arrivant, c’est le seul cd que l’on avait dans la voiture pour le trajet (rires) !


Unknown Magazine : Avez-vous un message à faire passer ?

Rikke : Pour moi dans la musique, le plus important, ce n’est pas forcément de faire passer un message à nous-mêmes, c’est quand tu peux le faire ressentir aux autres et quand tu peux les faire se sentir vivants.



Après avoir été plus que séduit par la prestation live d’A Place To Bury Strangers en Avril dernier et pris largement une claque dans les yeux avec les visuels psychédéliques projetés sur un mur, le groupe New-Yorkais est de retour avec un troisième album, Workship.

En Janvier 2012 ils avaient sorti l’EP Onwards To The Wall, presque dans la lignée des anciens titres cependant moins noisy et plus accentué sur la voix d’Oliver Ackerman (« So Far Away » « I Lost You »), on avait bien aimé le côté sombre et brumeux de l’EP qui montrait une fois de plus la créativité unique du groupe.

Avec Workship on s’envole complètement dans une autre dimension : toujours autant de distorsion qui explose au visage sans vraiment s’y attendre (« You Are The One » « Alone » « Workship »). C’est comme le fonctionnement du cœur : il bat lentement au début (« Fear ») et dès que l’adrénaline arrive il s’emballe et bat très vite (« Mind Control »). C’est un peu ça Workship : imprévisible, spontané et vif.

Oliver Ackerman nous plonge dans un univers obscur et mystérieux (« Why I Can’t Cry Anymore » « Revenge » « Leaving Tomorrow ») qui nous intrigue comme une œuvre de Bret Easton Ellis dont on n’arriverait point à se détacher.

A Place To Bury Strangers prouve avec ce troisième album que le groupe déborde d’innovation, et même s’il n’y a pas toujours maitrise des sons c’est avec élégance que cette perte de contrôle rend Workship beau et éblouissant.


Dimanche 3 Juin 2012 le Rockstore accueillait le fabuleux groupe Beach House avec en première partie Arthur Béatrice .
On appréhendait un peu ce concert car il est assez rare de voir un paquet de monde surtout à Montpellier où il faut l'avouer, les salles de concert sont -parfois- fantômes. Les apparences sont trompeuses puisque lorsque la première partie commence, pas mal de gens se rapprochent devant la scène, même si nous n'avons pas été vraiment convaincu de la prestation sur scène du groupe Arthur Béatrice, un peu du "déjà-vu" en musique.





Voir le groupe de Baltimore en concert c'est comme réaliser un rêve d'enfant, surtout quand on repense aux albums Teen Dream, Devotion et le dernier en date Bloom qui réchauffent le coeur et vous filent pleins d'étoiles dans les yeux, il fallait hésiter entre se retenir de pleurer ou faire de la salle de concert une piscine géante de larmes chaudes.

Après la déception d'Arthur Béatrice, on patiente quinze petites minutes avant l'entrée (chaleureusement applaudit par le public) sur scène de Victoria Legrand, Alex Scally et leur batteur. Le groupe ouvre la soirée avec "Wild" et c'est une claque que l'on prend en pleine figure, la voix de Victoria Legrand nous donne des frissons et nos poils de bras peuvent témoigner.


On s'est toujours posé cette question: est-ce-que la voix de Victoria rend aussi bien en live que sur disque? La réponse est oui. C'est un show tout simplement magnifique, avec un décor des plus sublimes : des effets lumières avec un ciel étoilé qui nous donne l'impression d'être dans le cosmos, la preuve en images :




La setlist est très variée: une bonne partie de l'album dont "Walk In The Park", "Norway" "Silver Soul" "Zebra" "Take Care" et l'époustouflant "10 Mile Stereo" où se déchaîne Victoria et où son batteur nous fait un solo de batterie complètement renversant, on retrouvera aussi quelques titres des anciens albums comme "Gila" et "Turtle Island".
La foule est bouche-bée, surtout certains qui ont les yeux brillants et qui crient des "Victoria", le public est totalement séduit par la prestation du groupe, c'est beau, c'est à couper le souffle.




Le concert se termine avec un rappel sur "Turtle Island" "10 Mile Stereo" et "Irene", on ne vous cache pas les petites larmes versées tellement ce fût une soirée mémorable. Des souvenirs en tête qui ne sont pas prêts de disparaître.

Un grand merci à Pipole Production


Sachez, avant toute chose, que le Crocodylidae n’est pas qu’une « espèce de crocodiliens ». En effet, ces reptiles ont aussi forme humaine sous le nom de Crocodiles, deux petits mecs de San Diego qui ont suscité toute l’attention de la blogosphère avec le sombre album Sleep Forever en 2010 (notez aussi le premier album Summer Of Hate en 2009) où le psychédélique, le shoegaze et le noise ne faisaient qu’un, on pensait alors que les Jesus & Mary Chain réapparaissaient, que nenni ! La Californie a aussi ses propres trésors. Ils sortent ce mois-ci leur troisième album, Endless Flowers chez Souterrain Transmission.

Le premier titre de l’album « Endless Flowers » -en hommage aux Fleurs du Mal de Baudelaire- nous plonge directement dans une atmosphère à la fois pop, psychédélique et planante : des guitares légèrement saturées, une voix envolée comme sur le « Stoned To Death » de Sleep ForeverBrandon Welchez se laisse porter par les mélodies électrisantes de celles-ci, mélodies qui sont un peu moins ‘agressives’ que « I Wanna Kill » ou « Refuses Angels » de l’album Summer Of Hate, notamment sur « Sunday (Psychic Conversation #9) » ou « No Black Clouds For Dee Dee » où le chant de Welchez est beaucoup plus valorisé et ‘audible’.

Malgré les distorsions moins ‘violentes’ que les disques précédents, les Crocodiles ont le chic de rendre leur musique exquise et sensuelle même en déraillant sur la religion, comme dans « My Surfing Lucifer » où l’on tripe avec le diable en Enfer ; parce qu’il est toujours bon de rire de la mort avant que celle-ci ne le fasse à notre place. « You Are Forgiven » calme et relaxante avec ses cloches qui sonnent, pardonne de nos péchés les plus impurs et nous ramène sur le Chemin de la Rédemption.
Il y a cette impression de bipolarisation : les cinq premiers titres sont calmes, paisibles tandis que les derniers font penser au déchaînement de Sleep Forever avec ses riffs saturés sur « Dark Alleys » « Bubblegum Trash » et « Welcome Trouble ».

Endless Flowers n’est pas aussi accrocheur que son prédécesseur mais se laisse tout de même écouter dans sa totalité sans aucune envie de mettre sur ‘stop’ mais bien au contraire de se laisser bercer par les cordes vocales de Welchez tout en se dandinant adagio.



Treize albums en bientôt treize ans, le treize ne porte pas malheur mais bel et bien bonheur pour Anton Newcombe et Brian Jonestown Massacre.
Deux ans après l’étrange Who Killed Sgt. Pepper? Anton Newcombe a pris son temps, s’est enfermé dans son studio à Berlin -une ville où « on lui fiche la paix » - pour réaliser le fabuleux Aufheben, un des meilleurs albums de toute leur discographie.

Il faut prendre en compte le changement du personnage, « fini » les excès d’autrefois place au « sérieux », on connait presque par coeur les mésaventures du groupe sur scène apparemment maintenant révolues. Si Anton Newcombe revient aux sources du psyché-folk des anciens albums (Bravery Repetition & Noise, Give It Back) avec des titres comme « Gaz Hilarant » « Stairway To The Best Party » ou « I Wanna Hold Your Other Hand », il s'aventure aujourd'hui dans du novateur et de l'original : des textes en français (« Illuminomi » « Seven Kinds Of Wonderful ») et en islandais (« Viholliseni Maalla »), la flûte qui accentue d’avantage le côté psychédélique de l’album (« Face Down On The Moon » « Illuminomi ») qui nous transporte et collerait largement à un film de Sergio Leone tel un Blondin dans le désert américain à la conquête de l'Ouest.

Il semble n’y avoir aucune limite, aucune convention, le leader des Brian Jonestown Massacre se laisse porter par ses inspirations et fait d’Aufheben un disque plus évadé, plus planant. Il faut l’avouer qu’ils nous avaient diablement manqué avec ce psyché-folk/rock qui autrefois nous transcendait la peau le sang la cervelle. Il fait sa réapparition cette année avec splendeur et l'on attend avec impatience de voir le résultat sur scène très prochainement.


Du 26 Mai au 3 Juin 2012, retrouvez la quatrième édition du Festival Crossover à Nice avec des rendez-vous pluriculturels : des concerts, des manifestations artistiques et du clubbing !

Il y aura de grands noms comme Metronomy, Charlotte Gainsbourg & Connan Mockasin pour le "Stage Whisper Tour" mais aussi Mickey Moonlight et Cypress Hill !


Un aperçu d'une ancienne édition en images !



Pour plus d'informations : le site du Festival Crossover


Voxpop #26 en kiosque dès aujourd'hui ! Une nouvelle formule, des nouvelles rubriques !



Une interview exclusive du "badboy"
Peter Doherty, mais aussi pleins de bonnes choses comme toujours : Beach House à l'occasion de la sortie de leur album Bloom, un dossier sur la nouvelle génération de la Soul Music, , A$AP ROCKY, Kindness et pour en savoir un peu plus, jetez un oeil sur Voxpopmag.com !




Fini le temps où l’on attendait comme le Messie un nouvel album des White Stripes, Jack White prend la route seul avec un premier album, Blunderbuss.
Après multiples projets derrière lui (The Dead Weather, The Raconteurs, son label Third Man Records) démontrant Ô combien Jack White est un génie de la musique, ce premier album solo nous laisse dubitatif. Que cherche-t-il encore à prouver à son public ? Son single « Sixteen Saltines » est certes très rock-garage comme un « Seven Nation Army » ou encore un « Girl, You Have No Faith In Medicine » mais le reste du disque ne séduit pas dans sa totalité, peut-être parce que l’on s’attendait à quelque chose de beaucoup plus énervé et moins « blues » (« Blunderbuss » « Missing Pieces » « Hip (Eponymous) Poor Boy »). « I’m Shaking » arrive plus ou moins à nous convaincre qu’il reste encore en lui des traces White Stripes (ou The Raconteurs) des années 2000 mais il est difficile d’accrocher, Jack White aurait-il voulu faire un disque mélangeant tous ses anciens projets en un album solo ? Malgré dire que c’est un projet plus « personnel », c’est ce que laisse ressentir Blunderbuss : un amalgame de genres musicaux parfois pénible à suivre.


Hier soir Montpellier accueillait la Belle Charlotte Gainsbourg pour son Stage Whisper Tour en compagnie de Connan Mockasin et de Lescop en première partie.



La salle se remplit bien comme il faut et l'on constate une majorité de plus de quarante ans, très certainement ceux qui ont vu grandir Charlotte Gainsbourg aux côtés de son père.
La première partie, Lescop -que l'on connait avec "La Forêt"- démarre malheureusement avec un mauvais réglage au niveau du son mais le public semble bien séduit par le style du groupe, qui a tendance à pencher Etienne Daho et eighties. Les pas de danse de Lescop rappelle un peu Ian Curtis, la prestation est simple mais plutôt pas mal du tout. Ils joueront "Tokyo, la Nuit" et d'autres titres comme "La Nuit Américaine".


Après une première partie accueillie avec joie, place à Charlotte Gainsbourg et sa troupe de musiciens accompagnée du merveilleux Connan Mockasin : des costumes simples, des pantalons blancs et chemises blanches qui font penser à ceux d'Orange Mécanique de Stanley Kubrick. Charlotte monte sur scène discrètement, le sourire en coin et son air timide, une ouverture avec "Terrible Angels" du dernier album Stage Whisper, une fois de plus nous avons du mal à entendre correctement sa voix, parfois trop de basse, parfois pas assez de guitares.



Connan Mockasin jouera deux titres de son album, "It's Choade My Dear" et "Forever Dolphin Love" qui nous plongent dans un univers totalement féérique et sous-marin, sa guitare hypnotise la salle et la laisse dans un long silence et dans la contemplation, un public qui semble largement accrocher au style de Connan, il y a ceux qui connaissent sa musique et qui sont là pour le soutenir et d'autres qui la découvrent avec stupéfaction.




La setlist est très variée avec quelques titres de chaque album (Charlotte For Ever, IRM, 5:55, Stage Whisper) mais aussi une très belle reprise de David Bowie "Ashes To Ashes" jouée par Connan Mockasin à la guitare, sur scène il reste très réservé mais plutôt satisfait du retour du public et nous remerciera chaleureusement avec des "merci beaucoup".
Charlotte nous remercie aussi par la même occasion et quitte la scène avec ses musiciens avant de revenir cinq minutes plus tard pour un rappel avec "Pour Ce Que Tu n'étais Pas" "All The Rain" et "Paradisco". Le concert terminé, chacun commence déjà à discuter de la prestation tandis que d'autres sont déjà nostalgiques et repartent avec des souvenirs pleins la tête et fredonnent "Paradisco" le sourire aux lèvres.







Santigold -anciennement Santogold- la touche à tout (Beastie Boys, Amadou&Mariam, Spank Rock, N.A.S.A) revient dans la place avec un deuxième album des plus fascinants et ambitieux. Quatre ans après son premier album L.E.S Artistes qui avait laissé une sacré trace dans nos bibliothèques musicales (et qui tourne encore aujourd’hui sur la platine), Santi White s’émancipe avec Master Of My Make-Believe, album qu’elle a supervisé elle-même où baigne la pop et les sonorités africaines (« Fame » « Freak Like Me » « Big Mouth »). Son single « Disparate Youth » nous montre qu’elle a pris le temps pour perfectionner son style, un titre totalement différent –et nouveau- de ce que l’on pourrait attendre des plus connus (« Say Aha » « L.E.S Artistes »), une forme d’indépendance que Santigold cherche à nous faire ressentir (« Pirate In The Water » « Fame »). Elle invite une fois de plus des grands noms comme Karen O (« Go ! ») mais aussi Dave Sitek (Tv On The Radio), Q-Tip et Nick Zinner à la production, pas étonnant si l’on succombe à « The Riot’s Gone » où les guitares rappellent l’esprit Yeah Yeah Yeahs.
La tentative de prendre des risques est réussite avec succès puisqu’elle nous offre onze belles pistes rafraîchissantes et travaillées soigneusement, qui collent exactement à son image d’artiste indépendante, tout comme la pochette avec l’omniprésence de
Santigold, choix qui justifie certainement le nom Master Of My Make-Believe.




Dix-huit ans d’existence et un parcours sans fautes: les Dandy Warhols sont désormais majeurs et vaccinés. Quatre ans après l’album …Earth To The Dandy Warhols et deux ans après la compilation The Capitol Years: 1995-2007, les voici de retour avec un huitième opus This Machine produit par Jeremy Sherrer et mixé par Tchad Blake (Pearl Jam, The Black Keys).
Si les Brian Jonestown Massacre ont exploré différents domaines, les Dandy semblent au contraire rester fidèles à leur style musical : de la pop psychédélique et du rock efficace (on pense notamment aux titres « Bohemian Like You » « Boys Better » et « We Used To Be Friends »), pas vraiment de changement, peut-être sur un titre assez grunge « Alternative Power To The People » . On retrouve la voix toujours aussi sensuelle de Courtney Taylor avec cette impression qu’il nous chuchote les paroles au creux de l’oreille jusqu’à nous en donner des frissons (« Sad Vacation » « The Autumn Carnival » « Well They’re Gone »). Au fur & à mesure de l’écoute de This Machine, on remarque une connexion entre chaque morceau, il y a quelque chose de plus « boisé » comme le cite lui-même Courtney Taylor dans une interview : un côté grunge et un côté rock qui séduisent parfaitement en plus de la pochette (où l’on peut voir celle de l’album Welcome To The Monkey House) réalisée par Hickory Martsching, qui semble totalement coller avec l’image du groupe. Une fin d’album avec « Slide » sorte de trip psyché-rock qui clotûre les onze pistes en beauté.


Le coup de cœur groovy de ce mois-ci c’est bel et bien Dafuniks, une bande de copains fans de vinyles de soul music de funk et de hip hop qui mélangent tous ces genres en un album intitulé Enter The Sideshow Groove.
Leur son est à la fois rétro & moderne ( « Searching » « Ease My Mind » et ses craquements de vinyles) et nous plonge dans un autre monde : une ambiance funky, décontractée et en même temps l’on ressent ce son « nouveau » qu’ils ont tant travaillé ces dernières années (« Breakers », « All I Want » qui avait séduit
Radio Nova). On oublie presque leurs origines danoises tellement leur musique nous fait penser à du hip-hop New –Yorkais (« Outroduction » « Don’t Dig To Deep »), il est assez rare de voir un groupe comme celui-ci avec autant de spontanéité & de réussite : cet album de quinze pistes est à écouter sans modération et à ne pas rater en live !





Ca fait quelques jours que ça tourne en boucle chez nous, impossible de ne pas parler du fantastique groupe qu’est The Rebels Of Tijuana: six mecs à l’allure flamboyante et rock’n’roll.
Un premier album en 2010, Where Did This Trip Go Wrong ? qui rappelait l’Amérique des années soixante/soixante-dix : le rock, le style et une « liberté » musicale.
En Février dernier ils ont sorti le très bon album La Bourgeoise, du garage-rock qui rappelle sans aucun doute ces compilations électrisantes Nuggets (The Shadows Of The Knight, The Sonics, Count In Fives), mais aussi Johnny à ses débuts (« Mauvais Trip Child »), avec des textes originaux (« Johnny Marr », « Bleu » ,« La Chimère ») et des mélodies plus qu’enivrantes (« Gigolo » « Les Cryptones » « Stax »).
The Rebels Of Tijuana maîtrise les guitares et le synthé avec élégance et grande classe tels Ray Manzarek ou encore Robby Krieger des Doors. La grosse claque française de ce début 2012.




Mais qu’est-il arrivé au génialissime groupe
Band Of Skulls ? En 2009,
Baby Doll Face Honey nous arrachait les tripes avec des titres efficaces comme « Death By Diamonds And Pearl » et « I Know What I Am » et aujourd’hui avec le nouvel album Sweet Sour on reste déçus.
Un manque d’intensité, d’énergie et de dynamisme (« Lay My Head Down » « Wanderluster » « Navigate » « Hometown ») qui finit par nous lasser très vite, les titres accrocheurs (« Sweet Sour », « Lies ») sont assez mal répartis ce qui est dommage, on perd facilement l’envie de prolonger l’écoute de l’album. Un bien triste désenchantement.