
Qui l'eût cru que ce quintet passerait radicalement du garage sixties au tranquillisant psychédélique? Au début ça flirtait avec le bruit sur
Strange House, puis avec le sombre sur
Primary Colours, et avec
Skying les
Horreurs semblent définitivement fixer les canons du son
Horrors. Il y a eu multiples questions à propos de cet album, comment l’interpréter, pourquoi un changement radical depuis
Strange House, et on a franchement envie de dire que leur premier disque servait certainement de test, le second a plus ou moins remettre en question le style, et que ce troisième dévoile l'authentique visage du groupe. Le psychédélique et le shoegaze mélangeant krautrock et new-wave. Niveau look, c'était assez noir en fringues, assez négligé du capillaire mais ils ont bel et bien évolué de ce côté là, plus classes, plus « propres ».
Skying c'est la gloire des
Horrors, c'est la bande son de l'été 2011 écoutée près d'une falaise, sur le sable humide avant que le soleil ne tombe dans les bras de Morphée (« Still Life » « Endless Blue »), c'est peut-être la lumière qui voit enfin le jour (« I Can See Through You » « Changing The Rain »). Et dans tout ça
Farris a évolué, ce n'est pas le gamin qui mue à l'adolescence, sur
Primary Colours il optait pour une voix sombre, aux tons obscures, sur
Skying il semble s'adapter de façon à ne pas trop se plonger dans le profond, ce qui n'est pas du tout déplaisant mais bien au contraire sédatif, relaxant (« Still Life » « Oceans Burning »). Un petit clin d'oeil à
The Stone Roses (« Dive In » « Moving Further Away»), parce qu'il y a des sources puisées chez les Mancuniens, on retrouve la base du son de Manchester des années 80, parce qu'il faut le dire, on est un peu nostalgique des années
Roses &
Ian Brown.
Le psychédélique serait donc en vogue, une sorte de Renaissance musicale que les
Horrors remettent sur le tapis. Si
Skying serait un livre, on pencherait pour
L'existentialisme est un humanisme de
Sartre. Certainement un des disques les plus marquant de cette année 2011.