Avec YoYoYoYoYo sorti en 2006, Spank Rock a su faire vibrer le dancefloor comme il le fallait (« Touch Me » « Bump » « Sweet Talk »). Cinq après, le voilà faire son grand come back avec Everything Is Boring and Everyone Is a Fucking Liar . Le message est clair, mais il ne laisse pas sous-entendre son disque ennuyeux. Une belle brochette d’invitée: Santogold, Big Freedia, mais aussi Boys Noize quant à la production de l’album. Que demandez de mieux ?
Spank a épargné les majors, celui-ci pensant qu’elles ne « laissent pas les artistes s’exprimer comme ils le souhaiteraient », ce qui lui a permis de se recentrer sur sa musique, de « faire quelque chose de nouveau, de frais, en connexion spirituelle avec la musique » comme il le dit si bien. À peine la piste une enclenchée (« #1 Hit ») que nous n’hésitons pas une seule seconde à taper du pied et se lever pour danser, comme la majorité des titres (« Car Song feat. Santogold » « Race Riot » « Turn It Off » « The Dance » « Nasty feat. Big Freedia ») baignant entre le hip hop, l’électronique, parfois même des riffs rock (« Ta Da ») superposés au rap, des mélanges fait sans maladresse.
On apprécie certainement mieux ce second disque peut-être beaucoup plus travaillé que YoYoYoYoYo (apparemment plus electro-hip hop que le premier), et on ne se lasse pas de repasser l’album en boucle dans la chaine hi-fi. Spank Rock séduit nos oreilles comme il sait satisfaire notre besoin quotidien de se dandiner en club.



Il y a quelques jours, nous sommes tombés sur une belle découverte : Part Company.
Part Company se situe entre Nice et Berlin, et pourrait éventuellement se résumer à beaucoup de choses comme François Truffaut, Captain Beefheart, Miles Davis, Syd Barrett , même si l'on reste parfois sceptique quant à certaines influences (la sauce chili sur les pizzas, Zinedine Zidane par exemple). Un mélange de rock avec du psychédélique ("Out Of Egypt" qui fait penser à du Brian Jonestown Massacre avec quelques intonations à la Sir Jagger), une façon de faire revivre l'ancien rock avec modernité et simplicité.



2011 est presque finie que 2012 se prépare en musique doucement mais sûrement ! Libération vous fait un joli petit cadeau de fin d'année : une compilation de 17 titres réalisée par Bayon, et il y a du beau monde !


1. The Kills - Satellite
2. Crocodiles - Sleep Forever
3. Alister - Docteur
4. Baxter Dury - Isabel
5. Mirel Wagner - No Death
6. Sallie Ford - Where Did You Go
7. Timbre Timbre - Black Water
8. Jean-Louis Murat - Alexandrie
9. Lykke Li - Youth Knows No Pain
10. Beirut - The Rip Tide
11. Adam Cohen - Lie Alone
13. Jay-Jay Johanson - Out Of Focus
14. Steve Earle - Meet Me In The Alleyway
15. Piers Faccini - The Beggar And The Thief
16. Idaho - The Setting Sun
17. Elysian Fields - Last Night On Earth



Pour plus d'informations, c'est par ici



Avec Bradford Cox les mots sont toujours difficiles à trouver. Difficiles, car la beauté de ses textes et mélodies nous laissent la plupart du temps bouche bée voire émus par son incroyable inventivité (« Criminals » « Shelia » « Walkabout » ). Parallax, son troisième disque solo, montre une fois de plus que Cox fait de sa musique tout un art, peut-être parfois délicat d’accès pour ceux qui n’auraient jamais –ou pas encore- écouter ses anciens albums (Logos, Let The Blind Lead Those Who Can See But Cannot Feel). C’est vraisemblablement par l’expérimentation de la musique et de la voix qui rend son petit monde si fabuleux qui nous plonge très souvent dans l’onirisme, le psychédélique et l'ambiant (« Modern Aquatic Nightsongs » « Doldrums » « Quark Part 1 »). Comme à son habitude, les textes sont très intimistes ( « Te amo, Pretend you know the way I love And we will go to sleep And we’ll have the century ») : Bradford Cox serait-il un sentimental ? À force d’épuiser les titres, le constat est qu’il nous est impossible de rester insensible à sa musique, à son univers, car ce qui fait très certainement sa force c’est son combat contre sa maladie : la musique semble faire abstraction de cette réalité, Parallax c’est une heure (ou 59 minutes, au choix) de rêveries, de voyage dans un autre monde (« Quark Part 2 »), un monde où règnerait le calme, l’amour et l’épanouissement de l’être humain. Un album qu’on utiliserait bien en guise de bande originale dans un film de Lars Von Trier (Melancholia) ou encore de James Cameron (Avatar).



Petit garçon deviendra grand, Surkin ne joue plus dans la cour des petits depuis belles lurettes (26 ans quand même, précisons-le). Il vient de sortir son album chez Marble, tout simplement appelé USA. Une façon de rendre hommage à la techno Made In Usa ? Certainement. Sous une forme de « best-of » comme il le dit si bien. On pourrait naturellement critiquer le fait que ressortir sur le tapis le son des eighties est assez facile quand on ne fait pas parti des générations précédentes ; et pourtant, beaucoup d’artistes n’ont pas vécu les années soixante, soixante-dix et s’inspirent toutefois d’elles en faisant les choses biens. Pas de chichis, Surkin réussit à enflammer la piste de dancefloor à travers seize titres sans le moindre épuisement (« White Knight Two », « Fireworks Hotmix », « Fan Out », « Harry » avec notre bien-aimé Bobmo (guettez de très près High Powered Boys) ), en oubliant parfois qu’il s’agit d’un album en pensant plutôt à une longue soirée passée dans des clubs, le verre bien rempli et les cheveux trempés de sueur, sans faire attention au voisin. Benoit Heitz a tout compris, son but n’est pas de pleurer ce qui est révolu, mais de perdurer un son autrefois tant apprécié, un son qui d’ailleurs sonne à la fois moderne et rétro. Un album que l’on classe parmi les meilleurs disques électroniques de l’année.




Blouse n’est pas un vêtement comme les autres. Blouse est un trio originaire de Portland réanimant la dream-pop telle que nous l’avions connu avec Beach Fossils ou encore Wild Nothing.
Charlie Hilton, chanteuse du groupe, rencontre Patrick Adam dans une école d’art, le projet Blouse commence alors à voir le jour un été 2010 . Sur BandCamp, seulement deux titres de postés, le label Captured Tracks (Beach Fossil, Wild Nothing) repère le single « Into Black » et décidera de le sortir , le label Subpop (Nirvana, Avi Buffalo, Band Of Horses) quant à lui, se chargera de « Shadow », un titre qui ne figure malheureusement pas sur l’album éponyme Blouse, album sorti il y a déjà quelques jours. Ce disque regroupe dix pistes, dix pistes qui nous propulsent dans un autre univers : vous l’auriez compris, c’est de la rêverie dont on parle.
La dream-pop est très efficace pour nous effacer un petit instant de la réalité : non seulement la voix de Charlie Hilton nous apaise («Videotape » qui nous rappelle un peu la voix de Dee Dee (Dum Dum Girls) sur la cover « There Is A Light That Never Goes Out » ) mais les mélodies de « Time Travel » et « Into Black » nous plongent complètement dans l’onirisme. À croire que tout l’album baigne dedans. On reprochera peut-être un côté assez répétitif, qui peut facilement nous lasser rapidement. Le synthétiseur (« Ghost Dream ») renvoie à l’époque new-wave, mais ne nous surprend pas des masses, puisque nous avons cette impression de « déjà-vu » (Warpaint, Still Corners). Le disque n’est pas une déception dans sa totalité et détient tout de même de bons titres comme «Firestarter », « White » ou encore « Into Black » à la guitare obsédante.



Eté 2010 : le sable chaud, la mer, les fêtes jusqu’à pas d’heure, mais surtout « Surprise Hotel » des Fool’s Gold, tube estival idéal pour passer un été parfait : de la joie, de la bonne humeur, de la danse, mais surtout une formation exceptionnelle, créée par le chanteur/bassiste Luke Top et le guitariste Lewis Pesacov, tous deux originaires de Los Angeles. Se mêlent alors de la pop, mais surtout de la musique africaine, leurs principales influences. À la différence des autres groupes les paroles du premier album éponyme Fool’s Gold sont en hébreux (difficile à chanter nous vous l’avouons), c’est assez rare et plutôt plaisant à l'oreille. Ils sont de retour avec un nouvel album, Leave No Trace, cette fois-ci plus dance mais toujours aussi afro-pop que le précédent.
Leave No Trace nous fait voyager une fois de plus entre le continent Américain et Africain, l’album commence avec « The Dive » titre très enivrant et très dansant, tout comme leur single « Wild Window » aux mélodies largement efficaces pour nous donner l’envie de danser. Mais il n’est pas aussi vif pour autant que l’éponyme. En effet il semble plus détendu (« Tel Aviv » « Manmal » « Leave No Trace ») et moins spontané que « Nadine » « Yam Lo Mosheh » ou encore « Surprise Hotel » ce qui est un peu dommage quand on sait que les Fool’s Gold ont une bonne réputation sur scène. Lewis Pesacov cite parmi beaucoup d’inspirations, Tinariwen, un collectif de musiciens touaregs, on retrouve notamment cet esprit sur « Balmy », « Manmal » ou encore « Narrow Sun ».
Si l’on devait choisir des qualificatifs décrire pour Leave No Trace : gaieté, harmonie et réjouissance seraient sans aucun doute les mieux appropriés, car nous respirons encore l’été –même s’il est bel et bien terminé- et la joie de vivre, joie de vivre que nous avons sûrement rangé au fond du placard pour laisser place à la mélancolie de l‘automne & aux disques folk du moment.



Quand nous avons enclenché le nouvel album des Battant dans la platine, autant être franc et dire qu’il y avait un blanc, un blanc qui signifiait malaise, un poids qui pesait alors très lourd en nous. Un fardeau. Ce fût un terrible choc lorsque nous avons appris le suicide de Joel Dever, moitié de Chloé Raunet. Derrière As I Ride With No Horse se cache tant de choses : de la spontanéité, un retour aux sources que l’on ne trouvait peut-être pas sur No Head. Le départ de Tim Fairplay semble avoir orienté le groupe vers un autre horizon : un album légèrement électronique teinté de post-punk (« Shutter » « Modern Days »), beaucoup plus travaillé sur l’instrument que sur des boites à rythmes et qui redéfinit le son du groupe. Parce que Battant a tout pour plaire, tout pour envoûter : des frissons jusqu’au sang sur « Scarlet » où la voix quelque peu hésitante de Chloé Raunet vient nous bercer derrière ces belles mélodies au piano, des guitares fantomatiques qui installent alors l’atmosphère du disque à partir de « Hubble » jusqu’à la fin de celui-ci : parfois obscur, parfois troublant (comme la pochette du disque illustrant une petite fille une arme en main).
Cet album serait-il plus intimiste ? Visiblement, oui. Les Battant ont pris le temps de composer, de travailler minutieusement les morceaux, ressenti dans ce onze pistes revigorant. Nous n’oublierons jamais Joel Dever et son travail apporté au sein du groupe.



Il est là, c'est tout nouveau c'est tout beau, c'est bien entendu le dernier single des Black Keys "Lonely Boy" ; titre du septième album El Camino, prévu pour le 6 Décembre prochain. Impatience quand tu nous tiens. En attendant, voici la tracklist :


1. Lonely Boy
2. Dead and Gone
3. Gold on the Ceiling
4. Little Black Submarines
5. Money Maker
6. Run Right Back
7. Sister
8. Hell of a Season
9. Stop Stop
10. Nova Baby
11. Mind Eraser



Hervé « RV » Salters connu sous le nom de General Elektriks nous avait étonnement surpris lors de la sortie de son deuxième album Good City For Dreamers, séduit alors par les mélanges des genres et l’efficacité de la quasi-totalité du disque (« Raid The Radio » « Helicopter » « David Lynch moments » « Little Lady »). Son autre projet avec Honeycut a prouvé que monsieur Salters -non seulement multi-instrumentaliste mais aussi producteur (Pigeon John)- avait beaucoup d’énergie à revendre. Il est de retour avec un nouvel album, Parker Street, plus posé, plus jazzy.
Cet été, il a su nous faire danser sur « Summer Is Here » un morceau très pop mélodique, mais il semble opter cette fois-ci pour quelque chose d’un peu différent : toujours aussi groovy et funky (« Bad Day » « We Ride » « Quiet Entertainers ») avec le dynamisme en moins que sur son précédent album que l’on regrette juste à peine. Il y a ce manque de vitalité que l’on retrouvait chez Good City For Dreamers (« Helicopter » « Take Back The Instant ») ou encore sur Cliquety Kliqk (« Tu m’intrigues » « Central Park ») : c’est assez dommage lorsqu’on sait que les prestations scéniques d’Hervé Salters en intriguent plus d’un.
Malgré ce petit bémol, on ne peut pas nier le fait que cet album a des qualités : il combine les genres comme personne d’autre ne pourrait le faire, il y a « un son » General Elektriks, ce son qui est à la fois rétro mais aussi moderne, peut-être est-ce ce mélange d’airs jazz à ceux de l’électronique, ceux du rock au hip hop. C’est un disque qui reste tout de même accessible, on ne boudera pas pour autant le côté jazzy (« Hardship Is Over ») qui peut parfois nous lasser comme nous impressionner (« We Ride »).



Une bécane, la Road 66, « Born To Be Wild » des Steppenwolf, et Dennis Hopper en compagnon de route: plutôt cliché. Et si on changeait la donne ? Et si la compilation « En Route ! » était LA compilation idéale pour prendre le guidon et partir à l'aventure? Freaksville Record sélectionne pour vous, dix titres electro-pop/disco prêts à nous faire danser toute la nuit.
Avec France (« Sur les routes de France ») et Accident (« Vert Bleu Noir ») on retourne une vingtaine d’années en arrière en pensant bien sûr à Etienne Daho (pourquoi pas l’album Signé Kako) mais aussi à Taxi Girl (« Chercher le garçon »). Vous avez sûrement reconnu notre brune qui ne compte pas pour des prunes alias Lio et sa collaboration avec Phantom sur « Mon nouveau Jules marche sur l’eau » aux paroles assez simples, mais largement efficaces pour qu’elles vous trottent dans la tête toute une journée.
« Motorcycle Club » de Conducteur Fantôme est presque le miroir du groupe Suicide : une voix qui ressemble étrangement à celle d’Alan Vega (voulu ou non, mystère !) et des riffs qui rappellent « Ghost Rider » (utilisé sur « Born Free » de MIA).
« Phantom is Alive » de Deadride Phantom qui clôture cette merveilleuse compilation riche en mélodies pop dynamiques, rappelle que le synthétiseur domine la majeure partie de l’album et démontre Ô combien il y a derrière tout cela, des groupes au talent caché qui méritent une attention particulière.



Une (grosse) pincée de White Stripes plus une pincée de Black Keys, le tout saupoudré de soul, de rock garage et de folk vous donne Hanni El Khatib. Le Californien est sans aucun doute le gros coup de cœur de la rentrée 2011. De quoi vous couper le souffle et vous faire twister les jambes.
Si l’on ressent une certaine liberté dans Will the Guns Come Out, on la doit en partie à ses parents qui l’ont incité dès son plus jeune âge à s’imposer et à adopter une démarche assez libre, sûrement la raison pour laquelle les genres musicaux n’ont ici pas de limites.
Beaucoup d’énergie dès le départ sur une bonne partie de l’album (« Dead Wrong » « Build, Destroy, Rebuild ») mais surtout beaucoup de mixité : on pense à la période De Stilj des bien-aimés White Stripes, au Brothers des Black Keys et au rock d’Elvis (la cover acoustique « Heartbreak Hotel » ou encore le rockabilly « Loved One ») ; la seconde partie est plus détendue : Hanni El Khatib nous laisse le temps de faire une pause avec quelques morceaux folk, agréables à l’écoute (« Wait Wait Wait » « Garbage City »), avant de repartir se trémousser sur la cover de Gainsbourg « You Rascal You » (« Vieille Canaille ») et « You Got A Thing » de Funkadelic qui clôture l’album en beauté, en électrisant notre corps.



Sept ans d’absence, sept bonnes –et longues- années à patienter calmement pour ce cinquième album des Death In Vegas Trans-Love Energies sorti lundi dernier dans les bacs.
Richard Fearless n’a pas chômé, mais bien au contraire, a pris le temps de préparer méticuleusement ce disque aux diverses influences.
Si le nom de l’album est emprunté au groupe de la contre-culture Trans-Love Energies créé par John Sinclair (poète et ancien manager des MC5), les influences, elles, paraissent hétéroclites : du krautrock/coldwave des Kraftwerk (« Medication » , « Witchdance » et « Your Lofe My Acid » avec l’aimable participation de Katie Stelmanis d’Austra) au shoegaze des My Bloody Valentine (« Black Hole » ) ou encore des Jesus and Mary Chain.
Ce cinquième LP nous surprend, certainement parce que Fearless semble s’être très investi dans ce projet, comme si cet album définissait au mieux le groupe. Une fois de plus, ils arrivent à nous rappeler qu’ils sont les auteurs du génialissime « Girls », utilisé en bande-originale dans Lost In Translation de Sofia Coppola, parce que oui, Death In Vegas est aussi, mais surtout, un groupe qui réussit à nous faire voyager et à rendre leur musique cinématographique (« Savage Love » comme une apocalypse ou un générique de fin).



Ça fait un petit moment que ce nom trottine dans notre tête : ELEPHANZ.


Ce quatuor Nantais envahit depuis quelques temps Radio Nova, impossible de ne pas l'entendre au moins une fois par jour avec le merveilleux titre pop "Stereo" qui en fait danser plus d'un.
Influences sixties, entre autre les Kinks qui se fait ressentir dans le titre "Henri IV" de leur EP Ideal Roomates sorti alors en 2009. Ce qu'on aime chez ELEPHANZ c'est cet arrière-goût de pop anglaise qui nous remémore les années Beatles, et ce n'est qu'un début pour ces Nantais, un début sur la bonne voie, puisqu'ils seront sur la compilation Nova Tunes 2.4 ! Un groupe à suivre de très près !

Souvenez, c'était dans la Blogothèque :


Cette semaine on vous parle d'Anika, qui nous arrive tout droit d'Allemagne.
On a pu notamment la découvrir sur la compilation 2011 de la Route Du Rock avec le titre « Yang Yang ». Impossible de résister à son album éponyme, produit par Geoff Barrow (autrement connu avec Portishead, et qui participe à la basse sur cet album) : mélanges pop (« Terry » « I Go To Sleep »), dub (« Masters Of War »), électronique (« Yang Yang » « Sadness hide the Sun ») ou encore lo-fi, avec une voix si froide, si sombre, qui nous hypnose en se laissant plonger dans les rêveries (« I Go To Sleep » entendue dans la bande originale des Bien-Aimés du dernier Christophe Honoré) et qui nous rappelle Nico (avec ou sans les Velvet Underground) dans un style très années soixante qui se combine très bien avec celui d'Anika.
« Envoûtant » « ravissant » ou encore « séduisant » seraient les adjectifs qui qualifieraient le disque de la belle Allemande, qui peut quelquefois nous surprendre quand il s'agit de reprendre de vieux titres tels que ceux de Bob Dylan (« Masters Of War ») ou encore de Skeeter Davis (« The End Of The World »).






Qui l'eût cru que ce quintet passerait radicalement du garage sixties au tranquillisant psychédélique? Au début ça flirtait avec le bruit sur Strange House, puis avec le sombre sur Primary Colours, et avec Skying les Horreurs semblent définitivement fixer les canons du son Horrors. Il y a eu multiples questions à propos de cet album, comment l’interpréter, pourquoi un changement radical depuis Strange House, et on a franchement envie de dire que leur premier disque servait certainement de test, le second a plus ou moins remettre en question le style, et que ce troisième dévoile l'authentique visage du groupe. Le psychédélique et le shoegaze mélangeant krautrock et new-wave. Niveau look, c'était assez noir en fringues, assez négligé du capillaire mais ils ont bel et bien évolué de ce côté là, plus classes, plus « propres ».
Skying c'est la gloire des Horrors, c'est la bande son de l'été 2011 écoutée près d'une falaise, sur le sable humide avant que le soleil ne tombe dans les bras de Morphée (« Still Life » « Endless Blue »), c'est peut-être la lumière qui voit enfin le jour (« I Can See Through You » « Changing The Rain »). Et dans tout ça Farris a évolué, ce n'est pas le gamin qui mue à l'adolescence, sur Primary Colours il optait pour une voix sombre, aux tons obscures, sur Skying il semble s'adapter de façon à ne pas trop se plonger dans le profond, ce qui n'est pas du tout déplaisant mais bien au contraire sédatif, relaxant (« Still Life » « Oceans Burning »). Un petit clin d'oeil à The Stone Roses (« Dive In » « Moving Further Away»), parce qu'il y a des sources puisées chez les Mancuniens, on retrouve la base du son de Manchester des années 80, parce qu'il faut le dire, on est un peu nostalgique des années Roses & Ian Brown.
Le psychédélique serait donc en vogue, une sorte de Renaissance musicale que les Horrors remettent sur le tapis. Si Skying serait un livre, on pencherait pour L'existentialisme est un humanisme de Sartre. Certainement un des disques les plus marquant de cette année 2011.




Le volcan Eyjafjöll a eu du mal à être prononcer, il n'en est pas moins difficile pour les membres du groupe FM Belfast qui sortent ces derniers jours leur deuxième album Don't Want To Sleep. Souvenez-vous en 2008, un très bon premier disque How To Make Friends aux allures electro-pop, avec l'inoubliable « Underwear » qui a su largement montrer l'incroyable talent du groupe. On ne remerciera jamais assez le festival Iceland Airwaves pour avoir propulsé ces islandais. Il n'est désormais plus l'heure de se faire des amis, mais plutôt de lutter contre le sommeil. En effet, Don't Want To Sleep est un bon médoc capable de nous tenir debout pendant une trentaine de minutes, l'insomnie incarnée. Bien plus dansant que le premier (« Stripes » « Believe » « We Fall »), bien plus electro (« Vertigo » « In Line »), FM Belfast donne cette impression de l'album parfait, qui n'a aucune fausse note, qui est soigné. La bande-son idéale pour cet été 2011, et qui ne donne définitivement pas envie de sommeiller, à consommer sans modération.
Pour les fans du groupe, FM Belfast sera en concert au Worldwide Festival (Sète -34) le Vendredi 8 Juillet !



L'écrivain voyageur (Jack Kerouac ou encore Ernest Hemingway) a ce don de donner à voir au lecteur : l'expérience du voyage a souvent été pour l'homme un moyen d'évoluer.
Thos Henley, surnommé « le Petit Prince du Folk », aurait pu faire parti du mouvement romantique. Anglais d'origine, sa mère l'a très vite initié à la littérature du voyage, ce qui l'influencera pour l'écriture de son premier album A Collection Of Early Recordings, écrit sur les routes de l'Europe : le but ? « Une lettre d'amour en hommage à la beauté de l'Europe ».
C'est Jonathan Morali (Syd Matters) qui le contactera pour assurer les premières parties du groupe, visiblement séduit par les compositions de Thos Henley. Un choix de bon goût. C'est un songwriter de qualité qui a les mots pour séduire. Cet album accompagne les jolies ballades en forêt, pourquoi pas celles de 2011 (« Balancing Books » « Another Brother » « Can You Canoe »), mais aussi les kilomètres parcourus seul sur la route (« The Oldest Tree in Netley »). « Sweet Lime » fait voir la fin de votre périple, le sourire aux lèvres. Certaines intonations rappellent Robin Pecknold des Fleet Foxes (« Another Brother » « Gone With Devon ») et « So English » son pays natal, un peu comme une nostalgie de l'Angleterre, puisqu 'il vit désormais en France.
A Collection Of Early Recordings est donc l'album à se procurer pour les amoureux du folk, mais aussi pour les amoureux de la nature car il est complètement en adéquation avec celle-ci.





Après avoir longtemps méditer sur Congratulations des MGMT qui laissait planer le doute quant à la nouveauté du style, vient le moment où Connan Mockasin remue le couteau dans la plaie, avec son merveilleux album Forever Dolphin Love.
Ce jeune blondinet, débarque de nulle part, si ce n'est d'une terre lointaine de l'Occident qu'est la Nouvelle Zélande. Aurait-il côtoyé les dauphins durant l'écriture de ce disque ? Cela reste un mystère, mais ce qui est sûr et certain, l'aquatique domine l'album, un qualificatif certes retrouvé dans beaucoup de chroniques, mais qui définit inéluctablement Forever Dolphin Love.


Étrange. Bizarre. À la première écoute, on se demande ce qui est passé derrière la tête de Connan avec autant de psyché-pop (« Megumi The Milkyway » « It's Choade My Dear ») et de voix modifiées (« Faking Jazz Together »). Au fil de l'écoute, monsieur Mockasin réussit à nous replonger dans l'enfance, dans l'onirisme (« Unicorn in Uniform »), peut-être est-il atteint du Syndrome de Peter Pan inconsciemment.
Les quelques chansons live permettent d'avoir un avant goût de ses prestations scéniques : une atmosphère détendue, calme, et enchantée.
C'est un univers assez intime que nous peint Connan Mockasin, ignorant du songwriting comme il le dit si bien chez Gonzaï. Cet été, l'album du petit néo-zélandais sera l'idéale bande-son submarine pour aller nager au large de la mer ou encore de l'océan avec les dauphins.



L'été arrive à grands pas, et on commence à préparer les playlists de l'été si ce n'est pas encore déjà fait. Beaucoup d'électro-pop, histoire de bouger son corps sur le dancefloor, mais aussi pourquoi pas se rappeler l'été dernier avec The Drums, pour aller surfer sur la côte ouest française.
On commence bien la semaine avec le nouveau clip de Breakbot, Fantasy qui nous promet que l'été 2011 sera sûrement très chaud.