Impossible pour nous de rater les Hushpuppies en concert ce Vendredi 15 Avril au Rockstore à Montpellier, ils démarrent leur tournée avec The Bipolar Drift, et nous en avons profité pour leur poser quelques questions à propos de cet album, plutôt schizophrénique à notre goût.






UNKNOWN MAG : The Bipolar Drift est votre troisième album, comment s'est passé l'enregistrement ?

Marc : Je n'en sais rien ! Je suis arrivé juste après en fait, donc je vais laisser le plaisir à Cyrille de raconter tout ça !
Cyrille : Pour la petite histoire, Marc est notre nouveau bassiste, l'ancien (ndlr : Guillaume Le Guen) a arrêté après l'album. Au niveau de l'enregistrement c'était un petit peu différent des deux premiers, nous avons beaucoup plus muri le disque : plus longtemps à le composer, à le produire. On n'avait pas non plus cette obsession sur les deux premiers, de tout enregistrer en live, de garder une certaine énergie, on a monté les chansons comme les légos. On voulait travailler des parties à part, pour faire grandir les chansons.



UNKNOWN MAG : D'ailleurs, vous vous inspirez de Lawrence Lawford, pourquoi ce choix ?

Cyrille : C'est simplement un concept qui nous a semblé bien pour résumer nos textes et nos humeurs. Cette notion de dualité qui est omniprésente chez l'homme et surtout son manque d'emprise sur ses propres choix, ça nous semblait bien correspondre à l'album, la dérive bipolaire. Ça côtoie souvent le noir et le blanc.



UNKNOWN MAG : Comme des troubles bipolaires, votre album est un peu schizophrène en fait.

Cyrille : « Twin Sister » qui clôture l'album, c'est le gars qui se parle à lui-même. Ce qu'on dit c'est que tout le monde est schizophrène au final. Cela ne touche pas que les malades mentaux. Chacun a une partie plus ou moins obscure.



UNKNOWN MAG : Votre album sonne toujours sixties, mais il y a cette impression de new-wave par moment, d'influences eighties, pourquoi ce goût de l'éclectisme ?

Olivier : Pour se faire plaisir, nos influences sont les sixties. Il y avait une scène à Perpignan assez mods. On grandit, on écoute différentes choses, on veut pas rester dans le garage, et faire seulement du garage, même si on vient de là. On essaie d'aller plus loin, de se faire plaisir, et de ne pas refaire le même album qu'avant.
Cyrille : Les sixties, c'est tellement vague, musicalement parlant. Se référer aux sixties, ça peut être du garage, du psyché. Je pense pas qu'on ait besoin de le définir. Les groupes de cette époque là ont évolué, par du mods, puis un truc plus garageux, puis psychédélique. C'est l'évolution qui l'a voulu. C'est pour ça que nous avons la chance d'avoir du recul là-dessus.




UNKNOWN MAG : Est-ce-qu'il y a des projets de prévu ? Même si vous commencez à peine la promotion de l'album ?

Cyrille : En fait tu viens de répondre à la question (rires) ! Non sincèrement, que cette tournée soit la plus longue possible, et que l'album marche. On est là pour le défendre aujourd'hui, surtout à notre époque où on vend plus trop de disque, le live est important, plus qu'avant. Et peut-être pourquoi pas, commencer des compositions quand on aura un moment de libre dans la tournée, et non pas attendre comme sur les anciens albums, écrire à la fin de la tournée.



UNKNOWN MAG : Qu'est-ce-que je peux trouver dans vos mp3 en ce moment?

Cyrille : Que du Broken Bells ! Pour ça, il faut venir tout à l'heure, danser avec nous dans les loges, on fait un DJ Set, et tu verras ce qu'on écoute !


UNKNOWN MAG : Est-ce-qu'il y a un message à faire passer ?


Cyrille : Support your local Mom !



Qui n'a jamais fredonné cet air obsédant qu'est « You're Gonna Say Yeah ! » et eu un jour envie de gueuler un « I Want My Kate Moss », hymnes des Hushpuppies qui sortent leur troisième album The Bipolar Drift.
Virage à 180°, bye bye les influences sixties : bonjour les eighties, un changement de climat qui ne peut que faire du bien, autant pour le groupe que pour l'auditeur. Toujours aussi dansants (« Dog Day » « Low Compromise Democracy » « Twin Sister ») que les autres albums (« Bad Taste And Gold On The Doors » « Single » « You're Gonna Say Yeah ! »), place à des inspirations new waves (« Okinawa Living Wage » « Zero One») qui rappelle Depeche Mode, tout en gardant ce son rock qu'ils ont toujours su manifester avec autant d'énergie.
« Dog Day » nous ramène à six ans en arrière et remémore « Single » aussi défoulant qu'il fût, et semble désormais définir le son des Hushpuppies. Garage, rock, comme on l'aime. Les Hushpuppies ont toujours su se démarquer, et c'est ce qui fait toute la splendeur du groupe.