Un album qui résonne comme l’Apocalypse, comme une fin du monde passive où l’on pourrait contempler chaque détail, chaque chose qui se détruit petit à petit ( « Tiny Grain Of Truth » ). Blues Funeral est une morte lente, mais peut-être pas si douloureuse qu'elle en a l'air.

Trois ans que l’on patientait, trois ans que l’on attendait ce disque après Shoegazing Kids en 2009, les Stuck In The Sound sont de retour et ils n’ont pas l’intention de nous lâcher de sitôt. Un troisième album et toujours cette classe à nous envoyer des riffs en pleine gueule. C’est comme ça que l’on devrait définir Pursuit : brutal, vif et inattendu. Le single « Brother » que l’on ne va pas détailler tellement son efficacité nous laisse sans mots, « Let’s Go » au refrain qui nous pousse réellement à s’en aller d’un monde qui se meurt petit à petit et « Fred Mercure » avec sa batterie surprenante et addictive (qui au passage reste fidèle aux anciens disques) nous rappellent le « son » Stuck In The Sound : c’est rock, violent, mais surtout efficient. Au bout de quatre titres déjà puissants, le groupe décide de nous faire faire une petite pause avec « Tender » avant de partir pogoter sur « Bandrupty », rock coléreux qui ne fait que confirmer la crédibilité du groupe qui s’inscrit dans le paysage musical du rock français. Les mélodies sont suffisamment énergiques et deviennent vite obsédantes & mémorisées. « Purple » fait légèrement penser au « Silver Rocket » des Sonic Youth sur l’album Daydream Nation, on voit nettement une progression tout au long de l’album, album qui se finit en beauté, tout comme la pochette. En bref, Stuck In The Sound, ça décoiffe.
Titres à absolument écouter : « Brother » « Pursuit » « Fred Mercure » « September »
UNKNOWN MAGAZINE: D'où te viens cette envie d'écrire sur la musique & de la faire partager aux autres ?
Eddie: La passion pour la musique, je l'ai depuis aussi loin que je me souvienne. Partager, c'est venu avec Internet, les forums, etc. J'ai pris l'habitude de partager ce que j'aimais, mes réflexions, etc. Je n'ai jamais parlé de musique autre part que sur Le Choix, mais quand j'ai eu envie de me créer un espace à moi, un blog, ça me semblait être le seul sujet que je pouvais aborder en ayant un minimum de crédibilité. L'envie de créer un blog, c'est venu d'un ami qui m'a dit qu'il me lirait. C'était un été où je n'avais pas spécialement grand-chose à faire, donc j'ai créé le truc.
Eddie: C'est une question pour artistes ça ! Mes premiers amours, c'était la soul, le funk, le rap. Super jeune, j'étais très attiré par ces styles. Ensuite c'est parti dans tous les sens. J'écoute majoritairement du rock, beaucoup de pop, beaucoup de folk. Je m'intéresse sérieusement à l'électro depuis 1 an. Je suis une dingue d'afrobeat, de funk africain. Je pense que j'écoute 50% de nouveautés, 50% de vieilleries. Dans les nouveautés, il y a beaucoup beaucoup de groupes indépendants américains et anglais. Et mon groupe préféré, c'est Led Zeppelin. C'est le meilleur groupe de tous les temps.
UNKNOWN MAGAZINE: Quels groupes faut-il surveiller en 2012 selon toi?
Eddie: Il faut t'abonner au Choix pour le savoir... J'attends particulièrement l'album d'A Place to Bury Strangers, leur dernier EP est absolument parfait. L'album de Frankie Rose devrait être pas mal non plus, il va falloir faire abstraction de toute la hype qui est en train de grandir autour d'elle. Toutes les Dum Dum Girls (ex ou actuelles) sont à suivre cette année de toute manière.
UNKNOWN MAGAZINE: As-tu un message à faire passer?
Si vous avez prêté votre oreille au Oh Amadou EP, vous avez pu entendre Bertrand Cantat sur "Oh Amadou" et Santigold sur "Dougou Badia", en effet il y a une belle sélection d'invités : Theophilus London, Ebony Bones ou encore Kip de TV On The Radio ! La musique d'Amadou&Mariam est une musique qui nous fait voyager et qui nous touche. C'est dynamique, dansant jusqu'à nous en faire oublier la période de grand froid pour penser au soleil, à la chaleur de l'été 2012.
Le Samedi 28 Janvier 2012 était la soirée Kill The Dj Record au Rockstore de Montpellier, avec en invités Battant, Ivan Smagghe et Andrew Weatherall.
Nous en avons profité pour rencontrer Chloé Raunet, chanteuse du groupe Battant, une personne très attachante qui a pris le temps de répondre à nos questions...
Chloé Raunet : (rires) C’est un projet que j’ai depuis un bon moment et je l’avais commencer avec un pote. On avait enregistré deux démos avant le premier album, c’était il y a longtemps. On nous a proposé de faire un concert, on n’avait que ça, pas de nom, rien. Et quand je suis revenue de Barcelone j’ai ramené un panda qui avait un petit tambour où c’était marqué en anglais en français et en espagnol « panda avec tambour battant » et lui il a vu le mot « battant » et a décidé du nom du groupe sans vraiment savoir sa définition ! Il trouvait que le mot sonnait bien et puis j’ai dit « oui pourquoi pas », on avait seulement deux morceaux, je parlais moins bien le français que je ne le parle aujourd’hui ! J’ai cru que « battant » signifiait comme l’instrument de musique « drum » ! Et c’est comme ça que le groupe a vu le jour. On m’a souvent posé cette question mais le nom n’a vraiment rien de particulier !
UNKNOWN MAGAZINE : Comment s’est passé la rencontre entre Ivan Smagghe et vous ? Vous auriez pu signer sur un label anglais mais vous avez choisi un label français : pourquoi ce choix ?
Chloé Raunet : À l’époque on partageait un studio avec Andrew Weatherall à Londres, et il faisait une soirée avec Ivan, on a joué ce soir-là et Kill The Dj s’est intéressé au groupe. Pour nous c’est vraiment le label important, même si c’est de la musique électronique. Un label c’est quelque chose, ce sont des filles qui le gèrent, j’adore ce qu’elles font. Nous nous sommes vraiment sentis à l’aise avec elles, nous avions beaucoup de choses en commun, des points de vue et des buts aussi. C’était comme une famille. Je pense que nous avons eu de la chance d’être tombés sur eux. On travaille vraiment plus en France qu’en Angleterre ! Nous sommes vraiment aidés, par des subventions, ce n’est pas comme en Angleterre.
En France il y a des belles salles, et l’Etat semble soutenir l’art. Outre Manche c’est le capitalisme pur et simple pour la musique. Pour un promoteur qui veut faire une soirée, il pense d’abord à l’argent qu’il va se faire. En France nous passons par des petites villes, ça ne serait jamais arrivé en Angleterre, on pense à Limoges notamment. Il y a beaucoup de gens qui viennent nous voir en concert, ils ne nous connaissent pas forcément mais s’intéressent à notre musique. Je trouve que le public est plus ouvert à de nouvelles expériences, ou peut-être qu’ils sont juste bourrés (rires) ! En Angleterre tu as le travail, la presse, la promo. Les gens ne vont pas venir te voir sans savoir un peu qui est le groupe.

UNKNOWN MAGAZINE : Que signifie la pochette de l’album « As I Ride With No Horse » ?
Chloé Raunet : À la base c’est une carte postale. C’est une photo avec une petite fille où il y a marqué « Joyeuses Fêtes » ! Quand nous avons choisi l’image, on pensait qu’elle évoquait la musique de cet album en particulier. Après on ne savait pas vraiment comment allait être interprété la pochette. De toute façon nous n’avons pas choisi la pochette pour choquer, on trouvait juste ça bizarre et ça nous a plu ! C’est un de mes amis de Paris qui l’a redessiné. Ce qui est très étrange, ça n’a rien avoir avec la musique mais j’étais au Canada chez ma famille pendant les vacances de Noël, j’ai ma petite nièce qui va faire trois ans, j’étais chez ma sœur et la voisine à qui j’ai donné un disque promo a regardé la pochette du disque et m’a dit « mais comment as-tu fait pour qu’Eddie pose avec un flingue ? ». Elle pensait que c’était ma nièce mais pas du tout en fait ! J’ai commencé à avoir peur ! Ca fait encore plus dark tu vois !
UNKNOWN MAGAZINE : Justement, qu’est-ce-qui vous a inspiré pour votre deuxième album ?
Chloé Raunet : On me demande toujours quelles sont mes influences, mais je ne peux pas vraiment les dire, je suis très ouverte dans la musique, Johnny Cash par exemple, Devo, The Cramps ! Je suis sûre que tout m’a influencé dans cet album. Quant à l’écriture de cet album c’était plutôt un travail avec mon ami Joel. On a écrit le disque ensemble, on partageait beaucoup de choses. Ce sont des images ou des trucs surréels retranscris en sons. Je ne pense pas avoir une relation de ce genre avec quelqu’un d’autre, c’était mon meilleur ami, on se comprenait parfaitement : j’étais dans sa tête il était dans la mienne. Tu sais quand tu peux regarder quelqu’un et que tu sens la chose, c’était ça. C’était une collaboration de rêve.
UNKNOWN MAGAZINE : Un artiste que tu as beaucoup aimé en 2011 ?
Chloé Raunet : 2011… Moi c’est plutôt 2010 en fait. Je n’ai pas trop fait attention à ce qui est sorti en 2011. Il y avait des morceaux par-ci par-là, comme Suuns, après j’ai écouté leur album ça m’a un peu gonflé. Caribou m’a mis une claque, c’est juste énorme.
Et aussi Battles en live, c’est complètement dingue !
UNKNOWN MAGAZINE : Les groupes de 2012 à surveiller que tu nous conseillerais ? On pensait à Breton !
Chloé Raunet : Ah oui ! On va jouer avec eux à Rein…(hésitante) Reims ? Oui voilà ! On va jouer avec eux fin Mars. Mais honnêtement je ne connais pas du tout, je n’ai pas encore écouté. Avec tout ce qui s’est passé ces derniers temps, ça fait quelques mois que je ne suis pas vraiment l’actualité. J’ai décidé de continuer tout de suite après le décès de Joel, j’étais sur scène avec des mecs que je ne connaissais pas ! J’ai vite monté un groupe et voilà où j’en suis aujourd’hui ! Maintenant quand je prends du recul, je me dis « wow ». Je me suis vraiment investie, je n’ai pas fait attention à la musique qui sortait. C’est bizarre comment le cerveau fonctionne, je me suis enfermée dans mon truc « j’ai ça à faire », sinon tu peux vite... « partir en couille » (rires) ! Je me suis dit « j’ai vraiment de la chance » ! On a fait quelque chose ensemble. Joel était aimé par pleins de gens, j’ai un truc créatif et j’ai écris quelque chose avec lui, quelque chose de concret. Et ça marche plutôt bien. Mais pour retourner à ta question franchement, je ne sais pas du tout ce qu’il se passe en ce moment !

Le premier album des Big Pink A Brief History Of Love ne nous avait pas secoué pour autant malgré l’accrocheur « Domino ». Future This, sorti la semaine dernière chez 4AD ne semble pas changer la donne. On s’attendait peut-être à une évolution venant des londoniens mais ce deuxième album ne nous enthousiasme presque pas, voire peu.
Il y a comme une impression de déjà-vu avec les titres « Stay Gold » et « Rubbernecking », on n’adhère pas tellement au style, trop répétitif et lassant à notre goût, certainement à cause de l’overdose de synthétiseur et la voix un peu agaçante de Robbie Furze qui part légèrement (trop ?) dans les aiguës (« Lose Your Mind » « Give It Up »). Avec « Jump Music » on a essayé de sautiller, faire quelques pas, mais rien ne vient, sauf avec « Hit The Ground (Superman) » seul morceau que nous avons retenu des dix pistes. On se perd petit à petit au fil de l’écoute et notre esprit finit même par divaguer.



