L'écrivain voyageur (Jack Kerouac ou encore Ernest Hemingway) a ce don de donner à voir au lecteur : l'expérience du voyage a souvent été pour l'homme un moyen d'évoluer.
Thos Henley, surnommé « le Petit Prince du Folk », aurait pu faire parti du mouvement romantique. Anglais d'origine, sa mère l'a très vite initié à la littérature du voyage, ce qui l'influencera pour l'écriture de son premier album A Collection Of Early Recordings, écrit sur les routes de l'Europe : le but ? « Une lettre d'amour en hommage à la beauté de l'Europe ».
C'est Jonathan Morali (Syd Matters) qui le contactera pour assurer les premières parties du groupe, visiblement séduit par les compositions de Thos Henley. Un choix de bon goût. C'est un songwriter de qualité qui a les mots pour séduire. Cet album accompagne les jolies ballades en forêt, pourquoi pas celles de 2011 (« Balancing Books » « Another Brother » « Can You Canoe »), mais aussi les kilomètres parcourus seul sur la route (« The Oldest Tree in Netley »). « Sweet Lime » fait voir la fin de votre périple, le sourire aux lèvres. Certaines intonations rappellent Robin Pecknold des Fleet Foxes (« Another Brother » « Gone With Devon ») et « So English » son pays natal, un peu comme une nostalgie de l'Angleterre, puisqu 'il vit désormais en France.
A Collection Of Early Recordings est donc l'album à se procurer pour les amoureux du folk, mais aussi pour les amoureux de la nature car il est complètement en adéquation avec celle-ci.





Après avoir longtemps méditer sur Congratulations des MGMT qui laissait planer le doute quant à la nouveauté du style, vient le moment où Connan Mockasin remue le couteau dans la plaie, avec son merveilleux album Forever Dolphin Love.
Ce jeune blondinet, débarque de nulle part, si ce n'est d'une terre lointaine de l'Occident qu'est la Nouvelle Zélande. Aurait-il côtoyé les dauphins durant l'écriture de ce disque ? Cela reste un mystère, mais ce qui est sûr et certain, l'aquatique domine l'album, un qualificatif certes retrouvé dans beaucoup de chroniques, mais qui définit inéluctablement Forever Dolphin Love.


Étrange. Bizarre. À la première écoute, on se demande ce qui est passé derrière la tête de Connan avec autant de psyché-pop (« Megumi The Milkyway » « It's Choade My Dear ») et de voix modifiées (« Faking Jazz Together »). Au fil de l'écoute, monsieur Mockasin réussit à nous replonger dans l'enfance, dans l'onirisme (« Unicorn in Uniform »), peut-être est-il atteint du Syndrome de Peter Pan inconsciemment.
Les quelques chansons live permettent d'avoir un avant goût de ses prestations scéniques : une atmosphère détendue, calme, et enchantée.
C'est un univers assez intime que nous peint Connan Mockasin, ignorant du songwriting comme il le dit si bien chez Gonzaï. Cet été, l'album du petit néo-zélandais sera l'idéale bande-son submarine pour aller nager au large de la mer ou encore de l'océan avec les dauphins.



L'été arrive à grands pas, et on commence à préparer les playlists de l'été si ce n'est pas encore déjà fait. Beaucoup d'électro-pop, histoire de bouger son corps sur le dancefloor, mais aussi pourquoi pas se rappeler l'été dernier avec The Drums, pour aller surfer sur la côte ouest française.
On commence bien la semaine avec le nouveau clip de Breakbot, Fantasy qui nous promet que l'été 2011 sera sûrement très chaud.



WU LYF. Cinq lettres, quatre mecs. Un potentiel irréprochable. Un mystère quasi irrésolu. Le pourquoi du comment être « anti-médiatisation » Selon ces Mancuniens, la presse rechercherait le buzz, non pas la musique en elle-même. Mais où est donc passée l'authenticité ? Les WU LYF sont discrets, restent aussi inconnus que possible (peu d'informations sur le groupe en lui-même, volontairement choisi): des révolutionnaires ? C'est ce que laisse prétendre leur premier album.
La Terre tremble à l'écoute de leur disque Go Tell Fire To The Mountain. Elle tremble pour le Lucifer Youth Foundation. Beaucoup trop longtemps qu'un groupe n'avait pas autant retourné les canons du succès. « Wu Lyf n'est pas un fast-food ou un single sur iTunes » confiait Ellery Roberts, le leader du groupe chez Libération il y a un an, et c'est ce qui pousse d'avantage notre curiosité à s'intéresser au groupe de plus près.
Un univers assez mystique contre des voix enrouées qui réussissent malgré tout à nous ensorceler (« Spitting Blood » « Cave Song » ou encore « LYF »), le disque ayant été enregistré dans une église, ce qui rend leur monde bien plus mystérieux, voire sombre, mais obsédant. Quelques riffs de guitares rappellent les Foals, parfois les XX (« Concrete Gold »). L'Apocalypse était pour ainsi dire palpable.
Derrière cet album semble se cacher un message, celui que l'on pourrait voir à travers les vidéos diffusées par cette bande d'adolescents révoltés, qui ont beaucoup de choses à dire, à nous dire, à nous apprendre. Un disque très touchant, qui aura sans aucun doute marqué 2011.





Parmi les nombreux DJ du label Ed Banger, notre chouchou reste SebastiAn.
Déjà deux petites semaines que Total est dans les bacs, et on ne s'est à vrai dire pas lassé d'«Embody» très groove et r'n'b. C'est qu'il s'est entouré du beau monde : M.I.A (« C.T.F.O »), Mayer Hawthorne (« Love In Motion »), on suppose même la présence des Jamaica sur « Hudson River » qui annonce la couleur de l'album : très éclectique mais qui ne semble pas tant que cela projet, mais plutôt compilation puisque l'on retrouve des classiques des anciens EP (« Dog » « Ross Ross Ross » « Motor »). Plutôt varié en terme de style : on repense à Daft Punk (« Tough Game (Interlude) » « Kindercut » « Fried ») mais aussi à du bon vieux heavy-metal (« Prime » « Total ») ou encore plus funk (« Embody » « Love In Motion » « Water Games (Interlude ) » « Arabest »).
Ce n'est pas une déception parce qu'il y a des titres réussis (« Love In Motion » qui soulignons-le, était le coming-next de cette semaine au Grand Journal, « Arabest ») mais SebastiAn avec ce long LP ne nous fait rien découvrir de nouveau, du moins qui innove.




Les Black Lips, ont toujours été des enfants sages, propres, polis, ou presque. Sur scène : vomis, poulets & prestations nues sont au programme. Des anges venus droit de l'Enfer.
Ils sont bel et bien de retour avec un septième album, où cette fois-ci, Mark Ronson prend les commandes de la production. Une première pour les Black Lips sachant qu'ils n'avaient auparavant, jamais eu recours au producteur. Mark Ronson a des doigts en or, ça ne date pas d'aujourd'hui : des albums solos (Versions, Here Come The Fuzz, Record Collection) au rôle de merveilleux producteur (Lily Allen, Amy Winehouse), tout ce qu'il saisit, « brille ».
Un album qui sonne toujours aussi faux (« Mr Driver » « Bone Marrow » ), mais on le sait très bien, les Black Lips sont réputés pour une qualité sale, qui fait avant tout le charme du groupe (« Go Out and Get it » « Dumpster Drive »). La touche Ronson donne un petit plus à l'album (« Family Tree » « Mad Dog ») mais ce que l'on pourrait y reprocher, c'est toute l'énergie concentrée sur les six premiers titres, les autres sont moins accrocheurs, on est presque lassé.
Arabia Moutain n'est certainement pas le meilleur album du groupe, même s'il détient des qualités. Ils cherchaient à faire danser les gens, c'est certes réussi, toucher au producteur, aussi, mais il manque ce petit quelque chose qui aurait pu qualifier l'album de parfait.


L'été dernier, Surprise Hotel envahissait les ondes, il était alors impossible de ne pas avoir en tête ce merveilleux air estival.
Les Fool's Gold ont sorti leur premier album l'an dernier : des chants hébreux et des mélodies afro-pop qui nous changeaient pour une fois de la langue internationale, et qui nous avaient largement séduit. Ils sont de retour avec un premier titre en écoute sur le soundcloud du label Cinq7, "Wild Window" toujours aussi dansant et harmonieux, il semble rester sur la même lignée que le premier album, mais il va falloir patienter quatre long mois avant la sortie de Leave No Trace, prévu en France pour Octobre 2011. En attendant de se préparer pour cet été, on peut se permettre l'écoute en boucle.