Complètement sous le charme de la réussite qu'est Alight Of Night, Crystal Stilts n'a pas trop attendu longtemps pour sortir ces derniers jours, leur second album In Love With Oblivion.
Avec Alight Of Night, il y avait cette impression de revisiter, à la fois le Velvet Underground mais aussi les Jesus and Mary Chain ou encore Joy Division, et pour une fois, un groupe faisait son travail comme il se doit.
Underground, lo-fi, ou encore post-punk sur le premier LP, le second semble être plus fantomatique: lorgnant par moment le rock psychédélique des années soixante-dix (« Prometheus At Large » qui fait un clin d'oeil à « Run Run Run » des Velvet Underground), Brad Hargett semble miser sur une voix plus sombre, plus obscure (« Alien Rivers » qui rappellent les Doors, « Sycamore Tree »), et les guitares et claviers provoquent en nous une certaine hypnose (« Shake The Shackles » « Through The Floor »). Les Crystal Stilts continueront toujours de nous surprendre avec un son désormais bien à eux, et ne sont pas prêts de nous décevoir de si-tôt.




Le girl power français, connu il y a quelques années avec Brigitte Fontaine, Brigitte Bardot, Brigitte Lahaie, prend à nouveau les rênes sous la forme d'un charmant duo, tout simplement nommé Brigitte.
Deux filles, ou plutôt deux belles jeunes femmes, une brune, une blonde : Aurélie Maggiori et Sylvie Hoarau ont chacune de leur côté une carrière solo respective, devenue, aujourd'hui, une simple fusion entre ces deux demoiselles. Impossible de ne pas entendre la reprise de NTM « Ma Benz » et leur inévitable tube « Battez-vous » qui nous trotte dans la tête, voire qui domine le cérébral jusqu'à en devenir une mélodie sifflée sous la douche. Brigitte grandit de plus en plus vite. Leur album Et vous, tu m'aimes ? vient juste de sortir : de la jolie pop, et beaucoup de poésie « emmerdante » mais certes ravissante (« cœur de Chewing-Gum » « Big Bang (Au pays des Candides) » « Oh La La » « Après Minuit »). Deux voix aux intonations différentes, c'est que Brigitte manient les mots avec douceur, candeur, ironie, folie, volupté et vulgarité ; de la belle vulgarité comme on en trouvait chez notre vénéré Gainsbourg (« Requiem Pour Un Con » « No Comment » « Harley David Son Of A Bitch »). Les mélodies sont éclectiques : une touche de hip-hop en passant par la folk et la pop, une Ode à Jésus (« Jesus Sex Symbol ») et même quelques secondes religieuses (« Hippocampe » « Tumbleweed »).
Un album qui pourrait représenter le 8 Mars : la journée de la Femme, et qui sans aucun doute, manifeste la domination féminine chez la gente masculine, qu'elle soit du désir, du corporel ou encore des paroles griffonnés sur un moleskine : Brigitte ne mâchent vraiment pas ses mots.






En 2008, Nights Out démontrait Ô combien Metronomy rentrait désormais dans le patrimoine musical avec les très bons « A Thing For Me » « Heartbreaker » « Radio Ladio », en plus des clips à la qualité visuelle honorable.
C'est un grand débat que suscite leur troisième LP The English Riviera. Une envie de grogner le manque de rythmes dansants («The End Of You Too» « A Thing For Me » « On The Motorway » « Radio Ladio ») mais en même temps la réussite de titres comme « The Look » « She wants » ou encore « The Bay » « Everything Goes My Way » et « Corinne ». On reste alors un peu sceptique, peut-être même frustré, on écoute en plusieurs fois le disque, on cherche l'intérêt de celui-ci et on se dit que finalement, il y a des choses à dire.
Comme sur l'album précédent, un « Nights Intro » cette fois-ci différent, « The English Riviera » impose le climat : flots, chant des mouettes, violons, tel un cliché estival. Autant dire que l'album risque de s'user dans nos platines cet été, avec une pop largement opérante (« Loving Arm » « The Bay ») prête à nous faire dandiner un soir de fête sur une plage.
Parce que certes ce troisième opus est différent des autres -et c'est le moins que l'on puisse dire- mais impossible de ne pas avoir les mélodies en tête, qui sont des plus obsédantes (« The Look » « She Wants » « Everything Goes My Way »), nous sommes comme transformés, apaisés à la fin de The English Riviera, et on ne demande qu'une seule chose, appuyer sur le bouton replay.






Trois ans après l'incroyable Midnight Boom, les Kills font leur grand come-back avec leur quatrième album Blood Pressures.
Le groupe a gardé ce côté Sacré, presque « un culte de la musique », certains idolâtrent la Sainte Alison Mosshart et son allure rock'n'roll-sale pour ses concerts transpirants jusqu'aux sous-vêtements, et d'autres se laissent complètement magnétiser par les riffs de Jamie Hince.
Autant dire que cet LP n'a rien à voir avec les trois précédents, celui-ci est littéralement différent, et rien à dire, ou plutôt presque rien à signaler, à critiquer. Trois bonnes années à l'attendre comme le Saint Graal, une attente plutôt bien méritée, quand on voit la qualité de certains titres comme « Baby Says » « Future Starts Slow » « Satellite » « Heart Is A Beating Drum ». C'est peut-être ce côté garage (« Damned If She Do » « You Don't Own The Road » ) qui plaît autant, ce côté agressif que Mosshart expose, mais on ne peut pas nier que « Nail In My Coffin » fait un petit clin d’œil à son expérience auprès des Dead Weather. Si les textes tournent ténébreux et sombres, les enchainements sont particulièrement bien soignés, et Blood Pressures se doit de prendre la « tension » comme il le faut. Jamie Hince a ce don de faire pénétrer en nous, ses riffs démoniaques, comme si chaque note, chaque mélodie étaient des battements de cœur, le sang qui bouillonne, et qui, au fur et à mesure de l'écoute, finit par gicler à la figure, une fois « Pots and Pans » terminée.
Ce quatrième album est inéluctablement, l'album du Diable.








Impossible pour nous de rater les Hushpuppies en concert ce Vendredi 15 Avril au Rockstore à Montpellier, ils démarrent leur tournée avec The Bipolar Drift, et nous en avons profité pour leur poser quelques questions à propos de cet album, plutôt schizophrénique à notre goût.






UNKNOWN MAG : The Bipolar Drift est votre troisième album, comment s'est passé l'enregistrement ?

Marc : Je n'en sais rien ! Je suis arrivé juste après en fait, donc je vais laisser le plaisir à Cyrille de raconter tout ça !
Cyrille : Pour la petite histoire, Marc est notre nouveau bassiste, l'ancien (ndlr : Guillaume Le Guen) a arrêté après l'album. Au niveau de l'enregistrement c'était un petit peu différent des deux premiers, nous avons beaucoup plus muri le disque : plus longtemps à le composer, à le produire. On n'avait pas non plus cette obsession sur les deux premiers, de tout enregistrer en live, de garder une certaine énergie, on a monté les chansons comme les légos. On voulait travailler des parties à part, pour faire grandir les chansons.



UNKNOWN MAG : D'ailleurs, vous vous inspirez de Lawrence Lawford, pourquoi ce choix ?

Cyrille : C'est simplement un concept qui nous a semblé bien pour résumer nos textes et nos humeurs. Cette notion de dualité qui est omniprésente chez l'homme et surtout son manque d'emprise sur ses propres choix, ça nous semblait bien correspondre à l'album, la dérive bipolaire. Ça côtoie souvent le noir et le blanc.



UNKNOWN MAG : Comme des troubles bipolaires, votre album est un peu schizophrène en fait.

Cyrille : « Twin Sister » qui clôture l'album, c'est le gars qui se parle à lui-même. Ce qu'on dit c'est que tout le monde est schizophrène au final. Cela ne touche pas que les malades mentaux. Chacun a une partie plus ou moins obscure.



UNKNOWN MAG : Votre album sonne toujours sixties, mais il y a cette impression de new-wave par moment, d'influences eighties, pourquoi ce goût de l'éclectisme ?

Olivier : Pour se faire plaisir, nos influences sont les sixties. Il y avait une scène à Perpignan assez mods. On grandit, on écoute différentes choses, on veut pas rester dans le garage, et faire seulement du garage, même si on vient de là. On essaie d'aller plus loin, de se faire plaisir, et de ne pas refaire le même album qu'avant.
Cyrille : Les sixties, c'est tellement vague, musicalement parlant. Se référer aux sixties, ça peut être du garage, du psyché. Je pense pas qu'on ait besoin de le définir. Les groupes de cette époque là ont évolué, par du mods, puis un truc plus garageux, puis psychédélique. C'est l'évolution qui l'a voulu. C'est pour ça que nous avons la chance d'avoir du recul là-dessus.




UNKNOWN MAG : Est-ce-qu'il y a des projets de prévu ? Même si vous commencez à peine la promotion de l'album ?

Cyrille : En fait tu viens de répondre à la question (rires) ! Non sincèrement, que cette tournée soit la plus longue possible, et que l'album marche. On est là pour le défendre aujourd'hui, surtout à notre époque où on vend plus trop de disque, le live est important, plus qu'avant. Et peut-être pourquoi pas, commencer des compositions quand on aura un moment de libre dans la tournée, et non pas attendre comme sur les anciens albums, écrire à la fin de la tournée.



UNKNOWN MAG : Qu'est-ce-que je peux trouver dans vos mp3 en ce moment?

Cyrille : Que du Broken Bells ! Pour ça, il faut venir tout à l'heure, danser avec nous dans les loges, on fait un DJ Set, et tu verras ce qu'on écoute !


UNKNOWN MAG : Est-ce-qu'il y a un message à faire passer ?


Cyrille : Support your local Mom !



Qui n'a jamais fredonné cet air obsédant qu'est « You're Gonna Say Yeah ! » et eu un jour envie de gueuler un « I Want My Kate Moss », hymnes des Hushpuppies qui sortent leur troisième album The Bipolar Drift.
Virage à 180°, bye bye les influences sixties : bonjour les eighties, un changement de climat qui ne peut que faire du bien, autant pour le groupe que pour l'auditeur. Toujours aussi dansants (« Dog Day » « Low Compromise Democracy » « Twin Sister ») que les autres albums (« Bad Taste And Gold On The Doors » « Single » « You're Gonna Say Yeah ! »), place à des inspirations new waves (« Okinawa Living Wage » « Zero One») qui rappelle Depeche Mode, tout en gardant ce son rock qu'ils ont toujours su manifester avec autant d'énergie.
« Dog Day » nous ramène à six ans en arrière et remémore « Single » aussi défoulant qu'il fût, et semble désormais définir le son des Hushpuppies. Garage, rock, comme on l'aime. Les Hushpuppies ont toujours su se démarquer, et c'est ce qui fait toute la splendeur du groupe.