« Impossible n'est pas français » disait Bonaparte. En effet, « impossible » n'est pas dans le vocabulaire des Do, comme ils nous l'avaient confirmé il y a trois ans avec le succès d'A Mouthful. « On My Shoulders » envahissait alors les ondes radios, et laissait planer le doute : quel donc ce groupe formé de deux lettres, d'une note de musique, à la voix si enchanteresse ? The Do, tout simplement Dan Levy et Olivia Merilahti, formé en 2005 lors d'une rencontre pour la composition du film « L'empire des Loups ». Va naître alors une grande amitié, et grande complicité, comme on a pu le ressentir dans ce premier album aux mélodies pop (« Playground Hustle » « At Last » « Stay (Just A Little Bit More) »), une grande tournée française, puis le groupe prendra son envol à l'étranger, un succès garantit.





Il aura fallu attendre trois ans pour la sortie de «
Both Ways Open Jaws », largement plus travaillé sur la voix et les rythmiques (« Gonna Be Sick » « Slippery Slope »). « On était vraiment content de retourner en studio, on a essayé de fabriquer une potion qui soit magique ». Le tour est joué, encore un album qui sait prendre l'auditeur par les sentiments, autant par la voix d'Olivia Merilahti que par les instruments (« The Wicked And The Blind » « Smash Them All (Night Visitors) » ). Très différent d'A Mouthful, plus énigmatique, plus obscur, Both Ways Open Jaws se concentre sur des rythmes tribals (clip « Slippery Slope » « Both Ways Open Jaws »), on se laisse emporter par le single « Gonna Be Sick! », et « Bohemian Dances » nous laisse comprendre que cet album est bel & bien centré sur les percussions, des rythmiques africaines et sur la nature (voir teaser des Do).
Both Ways Open Jaws ne semble pas être la suite d'A Mouthful, mais au contraire, un album bien hétéroclite qui tente de définir le son précis des Do.




Si l'électro semble être la clé de la réussite plus que le rock, Lykke Li en épate plus d'un de son côté. Elle peignait en 2008 dans Youth Novels, le portrait d'une fille timide, cherchant à raconter des "romans de jeunesse" en se classant parmi les groupes indé suédois, en plus de Peter Bjorn and John.

Aujourd'hui, c'est un virage à 180 degrés que décide de prendre notre suédoise préférée. Wounded Rhymes semble être l'opposé du premier LP. Un album à la fois sombre et émouvant.
C'est en s'inspirant de la culture de ses parents, une culture hippie ainsi que celle de Los Angeles et du film d'Alejandro Jodorowsky "La Montagne Sacrée", que Lykke Li a confectionné cet album. Loin de son pays natal, c'est dans la banlieue d'Echo Park (Los Angeles) que puisent les inspirations de Wounded Rhymes, «je voulais m'imprégner de la contre-culture californienne proéminente des années 60 et des années 70, j'ai été séduite par la cohabitation du bien et du mal dans cette banlieue qu'est Echo Park, qui semble éternelle» confie-t-elle à propos de son second disque. Wounded Rhymes montrerait-il alors l'insensibilité ("Youth Knows No Pain") ? Il semble clair que Lykke Li se révolte, a de la haine à revendre, une façon de prouver ce "pussy power" .


Aussi créative qu'en musique, la douce suédoise opte pour un look beaucoup plus obscur, plus spirituel, pour inspiration dans son clip Get Some : les danses chamaniques, les rites religieux que l'on retrouve dans le film La Montagne Sacrée, axé sur le Christ, dont elle dit s'inspirer. Comparé à Youth Novels, elle prend un ton légèrement plus sérieux ("Youth Knows No Pain" "I Follow Rivers" "Get Some" "Rich Kids Blues") que sur ses premiers titres "Little Bit" "Dance Dance Dance" ou encore "I'm Good, I'm Gone".

Lykke Li
semble avoir bien mûrit, et nous laisse un petit bijou, certes qui n'est pas parfait jusqu'au bout, mais tout de même classé dans les meilleurs albums de 2011.