INTERVIEW IN THE CLUB

À la première écoute d'IN THE CLUB, ça chamboule complètement ton état d'esprit, tu es entraîné tu-ne-sais-où à danser jusqu'à épuisements, et sueurs. Complètement en transe, ton corps devient alors électrique. Unknown Mag a donc voulu en savoir un peu plus sur ces quatre garçons...


UNKNOWN MAG : Pourquoi avoir choisi IN THE CLUB ?

Jildaz: Chakib à toi l’honneur!
Chakib: Vas-y je t’en prie!
Simon: Je n’étais même pas là!
Chakib: On cherchait un nom avec notre bassiste de l’époque, et on voulait quelque chose qui claque, sans forcément le définir. On aimait bien le morceau de 50 Cent, « In Da Club » qui est sorti au moment où s’est formé le projet et on s’est dit « pourquoi pas In The Club ? »



UNKNOWN MAG : Racontez-nous votre rencontre

Hervé : On se connait tous depuis assez longtemps, on a commencé à faire de la musique à peu près au même âge. Au bout d’un moment Chakib voulait monter un groupe, et il cherchait un batteur donc on m’a appelé.



UNKNOWN MAG : Comment qualifierez-vous votre musique ? On vous qualifie comme de la « pop-rock anglaise »

Jildaz : Il y a un petit peu de ça oui. C'est très dansant aussi.



UNKNOWN MAG : Oui c’est vrai, on peut confirmer

Jildaz : On s’inspire aussi de … je ne sais pas... des groupes ou artistes comme Daft Punk ou Justin Timberlake
Hervé : Il y a des morceaux de l’album, comme par exemple Kiss This It qui rappelle un peu l’esprit metal des années 80, puis Michael Jackson aussi!



UNKNOWN MAG : Quelles sont vos influences musicales ?

Jildaz : Ah ! Ben voila ! Michael, Justin
Chakib : Les influences du groupe ou nos goûts personnels ?



UNKNOWN MAG : Vos goûts personnels

Chakib : Personnellement, j’écoute pas mal de Prince, de Michael Jackson, Elvis Costello, Scott Walker. Pas grand-chose qui se retrouve dans la musique d’IN THE CLUB. En ce moment c’est ce que j’écoute.
Hervé : Moi c’est pareil, j’écoute des trucs qu’on ne trouve pas forcément dans IN THE CLUB, là j’écoute le premier album de NERD



UNKNOWN MAG : Faudrait peut-être qu’ils sortent le prochain d’ailleurs... Ce serait cool

Hervé : Ouais ! Il y a le premier album des Pixies aussi… Comment il s’appelle déjà ?


UNKNOWN MAG : Doolittle ? On a un trou de mémoire sur le coup...

Hervé : Non, avant. Enfin bref, voila !
Jildaz : Qu’est-ce-qu’il y a sur ma platine en ce moment ? Arcade Fire, MGMT, Jamaica, des petits trucs comme ça !
Simon : J’écoute des trucs pas vraiment en rapport avec la musique d’IN THE CLUB, Belle & Sebastian par exemple.



UNKNOWN MAG : Il paraît que She’s A Man ressemble à du Strokes (cf : interview TEAzine), comment réagissez-vous ?


Tous ensemble : Ouais (ils rigolent).
Chakib : Ils ne nous lâcheront jamais les Strokes (en souriant) !



UNKNOWN MAG : Il paraît qu’une fois le concert à Montpellier (Festival Punk à chien) était horrible, racontez-nous en détails, histoire de revivre ce fabuleux moment!

Chakib : Oh ouais !
(ils rigolent tous ensemble)
Chakib : C’était pas à Montpellier même…
Hervé : C’était à Frontignan
Jildaz : C’était un peu le trip assoc
Simon : On avait rien à faire dans la programmation, c’était du drum’n’bass.
Hervé : Effectivement, il y avait deux bergers allemands sur le site…



UNKNOWN MAG : Ca fait quoi d’être produit par du monde qui collabore avec Interpol, Franz Ferdinand, MGMT ?

Jildaz : C’est cool ! On a mixé avec le gars qui a bossé avec The Cardigans, groupe que j’écoutais quand j’avais quatorze-quinze ans.
Simon : Sur le moment tu n’y penses pas, mais une fois que tu bosses avec lui, tu te rends compte que c’est vraiment le gars qui est à fond dans son travail.
Hervé : En fait on l’a démystifié !
Jildaz : En plus il ne parle pas beaucoup, il est assez avare en commentaires, et frontal. Après en dehors du travail, il parle pas mal, il est sympathique.


UNKNOWN MAG : Votre coup de cœur musical 2010 ?

Jildaz : L’album de MGMT.
Chakib : Vous êtes sérieux, le dernier ?
Jildaz, Simon, Hervé : Ouais ! Il est vraiment bien



UNKNOWN MAG : Un album ou une chanson de la décennie ?


Chakib : Entre 2000 et 2010 ? L’album de la décennie… C’est chaud comme question !
Simon: Room On Fire des Strokes



UNKNOWN MAG : Carrément Room On Fire !

Jildaz: Non, tu es fou!



UNKNOWNMAG: Il n’y a pas photo, Room On Fire est le meilleur.

Jildaz : Ce n’est pas l’album de la décennie mec ! Ca va pas !
(long moment d’hésitation)
Chakib : Tu m’aurais laisser quelques années auparavant…



UNKNOWN MAG : On a laissé David Boring des Naive New Beaters choisir 1999 et 1998, on peut faire une exception pour toi Chakib !

Chakib : Non mais on va trouver ! Mais quand même, c’est hard entre 2000 et 2010 !
Jildaz : Faut trancher et choisir un style…



UNKNOWN MAG : Pas obligatoirement, nous sommes très éclectiques vis-à-vis des genres musicaux

Jildaz : Si je dis l’album de Justice ?
Chakib : Non je ne suis pas d’accord !
Jildaz : Dans la symbolique... dans le buzz quoi.
Hervé : In Rainbows de Radiohead.
Chakib : Non, ce n’est pas le meilleur ! Le premier Interpol, et Is This It des Strokes !
Hervé : Moi je reste d’accord sur Is This It.



UNKNOWN MAG : On prend plutôt le parti de Simon pour Room On Fire…

Chakib : Mais Is This It, c’est quand même une mini-baffe ! Le gars il ressort des grattes « ah bah ouais c’est cool ça tiens ! »
Jildaz : Et la voix de Julian aussi!



UNKNOWN MAG : Dernière question réservée aux artistes, un petit mot à faire passer ?

Chakib : Achetez l’album d’IN THE CLUB !



THE BEWITCHED HANDS
BIRDS&DRUMS

Ces derniers temps, la platine était triste pour non-sastifaction musicale. Alors on a cherché les derniers albums dans les bacs, mais en vain, la larmette à l'oeil, rien ne comblait cette platine. Et puis finalement, LE disque a été trouvé. C'est le coup de coeur de ce mois-ci. The Bewitched Hands. Six reimois à la douce pop, mais c'est aussi une participation sur l'album de Yuksek Away From The Sea. Un premier LP Birds&Drums, mixé par celui-ci au passage.
On aime beaucoup la pochette de l'album. Il n'y a certes pas de paroles mais chaque page est illustrée. Peut-être y-a-t-il significations à tout cela. Mystère, mystère.



Les voix sont plus qu'envoûtantes, il y a comme un sentiment de flottement, de laisser aller sur Happy With You. Birds&Drums est idéal pour un tour en vélo à la campagne, et l'on peut continuer cette escapade avec Underwear très entraînante, mais alors que dire de So Cool? Que l'on descend de notre bicyclette et qu'une onde électrique envahit notre corps et on se mettrait alors à danser. Cold rapelle très légèrement le groupe Harlem. L'on enchaine sur Work, et le groupe semble insister sur le fait que la Life Is So Cool. Alors c'est vrai qu'on retrouve cette touche Yuksek, il n'y a qu'à écouter So Far Away From The Sea pour ensuite comparer. Les morceaux de cet albums sont parfois courts (Birds&Drums, Out Of Myself, Cold, So Cool...) mais assez efficaces pour convaincre la beauté de ce disque.



I BLAME COCO
THE CONSTANT

Comment ne pas tomber sous le charme de la belle Coco Sumner, une fille aussi mystérieuse qu’elle peut le paraître sur les photos des campagnes publicitaires Burberry, aussi talentueuse que dans son premier album avec son groupe I Blame Coco.
The Constant réunit à la fois différents styles musicaux : pop, reggae, électronique, rock. Pas de quoi se plaindre ; non seulement charmés par les instruments éclectiques, nous le sommes aussi par la ravissante voix de Coco, qui rappelle les années Police, de son paternel Sting, loin de là péjoratif.
Comme elle le dit si bien dans Modzik « Je n’essaie pas de plaire à tout prix, même si c’est important d’attire des gens vers sa musique […] Je ne fais pas ça pour la fortune ou la célébrité. J’aime la musique plus que tout… ». Et nous sommes d’emblée convaincus.



Une belle maîtrise des claviers, et des guitares, surtout dans Selfmachine, In Spirit Golden, Turn Your Back On Love, Please Rewind, les titres les plus dansants de l’album procurant une énergie dans notre corps. C’est au bout de six titres que nous avons droit au repos, avec Summer Rain aux paroles émotionnelles « So tell me have I lost it all, Have I lost my pain, Punch through a red brick wall, I don't feel a thing » « We share the blame Just like the darkness in your mind Is blind with shame » et petit-à-petit nous voila repartis pour un back to 80s avec “Caesar” et “Only Love Can break Your Heart”.
The Constant est donc un album des plus réussi, aux diverses influences. Coco Sumner sait se justifier en ce qui concerne I Blame Coco, il faudra donc « écouter le disque, et arrêter de toujours penser à son background familial ».



CARL BARÂT
ALBUM

C'est toujours comme ça, il suffit qu'un artiste débute une carrière solo postband pour commencer les remises en questions, "est-ce-que ça vaut vraiment la peine d'être écouté?" "est-ce-que déception il y aura?". Avec Julian Casablancas on doutait un petit peu, "est-ce-qu'il sera aussi compétent qu'avec les Strokes?" "comment allons-nous réagir face à Phrazes For The Young?" . Au début c'était l'album refoulé, voire catalogué et détesté, mais au final, à force d'avoir des remords par-ci par-là, on a fini par se dire "d'accord l'album de Julian Casablancas en vaut quand même la peine".
La question récurrente du mois est belle et bien "mais qu'est-ce-qui lui prend à Carl Barât?" ça tourmente les médias, et visiblement "mon dieu" est la réaction envisageable pour son projet solo. Mais ici c'est tout le contraire. Une envie, et pas seulement une question de générosité, mais parce que cet album, en vaut la peine. Vis-à-vis des instruments, un peu de piano, quelques guitares certes moins mises en valeur que dans les Dirty Pretty Things ou The Libertines, avec un souffle de pop mélodique (Run With The Boys, The Magus, ) qui vire parfois à la mélancolie: quelques slows imposés (So Long My Lover, Carve My Name, Shadow Fall). Ode To Girl pour sa femme, mais pourquoi pas un (petit) clin d'oeil à Pete Doherty? Parce qu'au fond, on peut très bien penser que Carl Barât est un album de la délivrance, de la sincérité, comme si sortir un album solo est pour lui, le seul moyen de prendre un peu de recul sur sa vie, et de faire, un bilan. Je Regrette, Je Regrette dit-il d'un accent français si ravissant. Chez nous, on ne Regrette donc point.