
En ces jours printaniers, il est rare de ne pas être tenter par la folk, la dream-pop, mais parfois on peut résister à la tentation, et trouver, au contraire de quoi nous remettre d'aplomb, histoire d'oublier la mélancolie des jolies pâquerettes, et fleurs de saisons, et surtout, les affreuses allergies de printemps.
And the winner is : Darwin Deez. Ce jeune new-yorkais, affirme qu'il " love to dance!" ce qui nous laisse déjà imaginer l'atmosphère de son éponyme Darwin Deez : de la jolie pop, qui donne envie de jumper et de regarder les étoiles sur Constellations, se dandiner sur DNA, et qui ne donne pas envie de se suicider sur The Suicide Song. Il suffit de prolonger l'écoute, pour comprendre que Darwin Deez n'est pas une affaire classée, mais qu'au contraire, ça risque de rester un petit moment sur les charts, et pourquoi pas le sélectionner comme "album de l'été 2010" ? Allez vite, enfilez un bandeau sur la tête, faîtes une permanente, et adoptez la Darwin Deez's attitude.

On le sentait de loin, de très très loin, que Sea Of Cowards n'allait pas nous décevoir. Comme si Jack White nous avait prévenu à l'avance. Et pourtant... l'homme touche à tout, n'en a visiblement "jamais assez". The White Stripes, The Raconteurs, et aujourd'hui The Dead Weather, pas de quoi s'ennuyer.
Après Horehound qui avait soulevé les jupes des filles, provoquant un (petit) arrêt cardiaque, les Dead Weather reviennent avec Sea Of Cowards, telle une météorite s'écrasant sur la planète Terre.
On se rappelle de la première pochette, Alison Mosshart en gros plan, pas trop terrifiante, juste ce qu'il fallait pour avoir quelques frissons, mais la seconde cover, cette fois ci, illustre les quatre membres du groupes, Jack White, Alison Mosshart, Dean Fertita, et Jack Lawrence, et ce n'est pas de la rigolade. Pas le genre de visuel qu'on mettrait en quatre mètre par trois dans sa chambre pour faire de beaux rêves, mais qui, pourquoi pas, donnerait des idées pour Halloween 2010.
Du blues en voulez-vous en voilà. Aucun reproche à faire là dessus. Blue Blood Blues si électrique, aux guitares bien lourdes. Lick an ice cream cone, Crack a bone.
À 0:38 d'Hustle and Cuss la batterie nous fait penser à I Cut Like A Buffalo, dès le début de The Difference Between Us les guitares nous annoncent déjà à quoi s'attendre : Alison s'emporte à 1:44 en haussant la voix, Let's Go When No One Can See Us And Find The Difference Between Us, et arrive un solo bien plus excitant que dix tasses de café ingurgitées à la suite, un des plus jouissifs de l'album. Visiblement, VV aime bien affirmer qu'elle est Mad, et nous rigole limite à la figure I'm Mad, Twenty Days, Make Me Mad. On a presque envie de répéter, de rappeler qu'à chaque solo (à 1:51 sur I'm Mad) dans Sea Of Cowards, le cerveau risque de prendre cher, le coeur aussi, mais anyway, cet album nous rends immortel. Suit le fabuleux Die By The Drop, résister à la mort on fera, avant de passer à I Can't Hear You qui nous laisse à peine le temps de digérer les cinq premiers titres, mais ne croyez pas vous en sortir aussi rapidement, Gasoline nous asperge d'essence avec des paroles d'une propreté fascinante I Love You The Most, I Do, When You're So Close To Me, I Can Smell The Gasoline. On se demande parfois, si Jack & Alison ne chercheraient pas à se provoquer mutuellement, paroles à tendance "je t'aime mais en fait non, je te déteste.", des riffs à provoquer une révolution hormonale.
Faire l'impasse sur Sea Of Cowards c'est être tout simplement, un lâche.

Il y a des projets, à vue d'oeil, on se dit que ça peut marcher de suite, d'autre moins.
Un nom obsédait depuis quelques temps Unknown-Mag : Broken Bells.
Deux mecs, James Mercer et Brian Burton, rencontrés en 2004 à l'occasion d'un festival Danois, décident de former Broken Bells: un duo pop indépendante, qui ne peut, que nous émerveiller.
On se rappelle de James Mercer qui avait séduit les Etats-Unis avec son groupe The Shins dans les années 00', et de Brian Burton, qui a collaboré avec Gnarls Barkley et bien d'autres projets dans le hip hop, ce qui ne fait pas de lui une "icône du hip hop qui lui collerait parfaitement à la peau" (dit-il).
Broken Bells est donc leur premier LP. On pourrait passer des heures à écouter Float, Vaporize, Your Head Is On Fire, The Ghost Inside (qui nous laisse un arrière goût de Gnarls Barkley sur la langue) et tant d'autres.
Certes James et Brian n'ont pas eu de vie commune, mais à travers leurs textes on peut voir un point de vue partagé à propos de celle ci. Espérons une longue vie à Broken Bells.

Le duo électronique canadien Crystal Castles revient avec un deuxième album, même nom que le premier, Crystal Castles (II).
Comment le qualifier de... décevant? Autant sur le premier EP on adorait Alice Practice, parce que ça nous laisser un peu bête "oh tiens on arrive à bidouiller de la gameboy de nos jours? c'est fou la technologie!" et aussi parce que, au niveau du ressentiment, c'était assez impressionnant, surtout avec Knights qui te faisait froid dans le dos, XXZXCUZX, Love and Caring, Courtship Date, Black Panther, ainsi que le fabuleux Crimewave avec Health, le genre de musique qui te donnait envie de sauter sur un champignon avec ton ami Luigi et Mario Kart.
Et bien ce n'est pas une réussite. Déjà la pochette, c'est pas que mais, je pense que Benoit XVI, il en aurait fait tout un scandale, les photos dans un cimetière, surtout avec une petite fille qui fait plus ou moins peur, c'est pas très catholique tout ça (enfin il y a toujours pire).
La qualité de Doe Deer est vraiment affreuse (même si on se doute que c'est fait exprès), on croirait un enregistrement en plein concert, c'est limite insupportable pour les oreilles. I Am Made Of Chalk on croirait que tu nages avec les dauphins. Les titres sont toujours aussi joyeux Year Of Silence, Suffocation, Violent Dreams, Empathy. Ce qui est clair et net, c'est que le second volet des Crystal Castles est lassant, on accroche pas le moindre, on est juste déçu tout simplement.